Poèmes saturniens, 1866· Melancolia
IV. Vœu
Ah ! les oaristys !‖ les premières maîtresses !L’or des cheveux, l’azur‖ des yeux, la fleur des chairs,Et puis, parmi l’odeur‖ des corps jeunes et chers,La spontanéité‖ craintive des caresses !
Sont-elles assez loin‖ toutes ces allégressesEt toutes ces candeurs !‖ Hélas ! toutes deversLe Printemps des regrets‖ ont fui les noirs hiversDe mes ennuis, de mes‖ dégoûts, de mes détresses !
Si que me voilà seul‖ à présent, morne et seul,Morne et désespéré,‖ plus glacé qu’un aïeul,Et tel qu’un orphelin‖ pauvre sans sœur aînée.
Ô la femme à l’amour‖ câlin et réchauffant,Douce, pensive et brune,‖ et jamais étonnée,Et qui parfois vous baise‖ au front, comme un enfant !
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6−6
- Mots à la rime
- a maîtresses / caresses féminine, classiqueb chairs / chers masculine, classiquea allégresses / détresses féminine, classiqueb devers / hivers masculine, classiquea seul / aïeul masculine, équivalenteb aînée / étonnée féminine, classiquea réchauffant / enfant masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.1· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, Léon Vanier, 1902· numérisation wikisource.org· Sources