Œuvres complètes, 1632· Seconde partie
Sonnet
Chere Isis, tes beautez ont troublé la nature,Tes yeux ont mis l’Amour dans son aveuglementEt les Dieux, occupez après toy seulement,Laissent l’estat du monde errer à l’avanture.
Voyans dans le soleil tes regards en peinture,Ils en sentent leur cœur touché si vivementQue, s’ils n’estoient clouez si fort au firmament,Ils descendroient bien tost pour voir leur creature.
Croy-moy qu’en cette humeur ils ont peu de soucyOu du bien ou du mal que nous faisons icy ;Et, tandis que le Ciel endure que tu m’aimes,
Tu peux bien dans mon lict impunement coucher :Isis, que craindrois-tu, puisque les Dieux eux-mesmesS’estimeroient heureux de te faire pecher ?
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes, Paris, P. Jannet, 1855· numérisation numelyo.bm-lyon.fr· Sources