Poèmes et Poésies, 1895· Joies
Aubade
Suis vers l‘aurore fauve et doréeLa sente herbue et qui court à l‘orée,Gai d‘une heure remémorée,Sans rêver la gloire laurée‒ ( La vie exulte en joie ignorée). ‒
Ne pense pas à l‘avenir ;Nulles volontés n‘en sont maîtresses,Vis, ce lent jour, de souvenir ;La gloire, elle pourra venir,Mais ne vaudra pas tes détresses‒ (La mare luit autour du Menhir). ‒
Si ton âme déborde et s‘épanche,C‘est que ta vie est plaine à jamais ;Si, lourde d‘épis, la moisson penche,Tes douleurs les avaient semés‒ ( Quelle âme pâlit dans l‘aube blanche ?) ‒
L‘été te rie, Amour te ceigneDu manteau léger de ses ailes ;Le frisson auroral t‘étreigneD‘un unisson de chanterelles‒ (Quel cygne en l‘aurore chante et saigne ?) ‒
21 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes et Poésies, Paris, Édition du Mercure de France, 1895· numérisation books.google.com· Sources