Poèmes et Poésies, 1895· Joies
Ces heures-la
Ces heures-là nous furent bonnes,Comme des sœurs apitoyées ;Heures douces et monotones,Pâles et de brumes noyées,Avec leurs pâles voiles de nonnes.
Ne valaient-ils donc pas nos rires,Ces sourires sans amertumesVers le lourd passé dont nous fûmes ?Ah ! chère, il est des heures piresQue ces heures au voiles de brumes.
Elles passaient en souriant‒ Comme des nonnes vont priant ‒De lueurs opalines baignées,Les douces heures résignées.
Va, nos âmes sont encor sœursDes heures de l‘automne grises,Dont la pénombre dans nos cœursEstompait les vieilles méprisesEt nous ne voyions plus nos pleurs.
19 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes et Poésies, Paris, Édition du Mercure de France, 1895· numérisation books.google.com· Sources