Poèmes et Poésies, 1895· Joies
Des oiseaux sont venus
Des oiseaux sont venus te direQue je te guettais sous les lilas mauves,Car tu rougis en un sourireEt cachas tes yeux en tes boucles fauvesEt te pris à rire.
Des fleurs t‘ont promis quelque chose,Car tu leur parlais comme on admoneste,Puis voici que tu devins roseEn les effeuillant d‘un si joli gesteQu‘il en disait la cause.
La mer où s‘en vont tes regards en nacellesTe dit elle aussi : « Ton heur te coudoie »,Que, te retournant, tu t‘épeures et chancellesA me voir, là, tout près, sous les lilas frêles‒ La mer, ou les fleurs, ou les hirondelles,Ou ton âme à toi, subtile en sa joie ?
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes et Poésies, Paris, Édition du Mercure de France, 1895· numérisation books.google.com· Sources