Poèmes et Poésies, 1895· Cueille d‘avril· Euphonies
VII. « Dormir et rire d‘aise, un sommeil ; je divague »
Dormir et rire d‘aise, un sommeil ; je divague ;Dormons : le mal d‘aimer, ô cœur, t‘a ravagé ;Et je me sens, ce soir, si follement âgéQue je me crois le survivant d‘un monde vague.
La nuit est formidable et triste à tout jamais,Un souvenir qui hante emplit l‘ombre déserte ;Mon regret est futile et mon désir inerteN‘appelle plus l‘espoir des rêves abîmés ;
Dormons : il n‘est plus rien sous le crèpe d‘azurOù s‘est drapée à tout jamais la vieille joie :Tes ailes que le saint désir ouvre et déploie
Retombent, ton espoir d‘aimer est presque impur…Je divague au retour des vaines lassitudes,N‘avions-nous pas rêvé d‘autres béatitudes ?
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes et Poésies, Paris, Édition du Mercure de France, 1895· numérisation books.google.com· Sources