Poèmes et Poésies, 1895· Cueille d‘avril· Euphonies
VI. « Les mots que vous disiez je les redis à l‘ombre »
« …Sola sub nocte… »
Les mots que vous disiez je les redis à l‘ombre,Le verre où vous buviez je l‘ai brisé de rage ;Accroupi dans la nuit sinistre de la plageJ‘écoute le canon lointain d‘un brick qui sombre…
Et que vous importait mon âme, douce dame ?Mon amour ingénu, vous deviez en sourire ;Et puis, en somme, était-ce à moi de vous le dire,Et devais-je espérer que vous prissiez mon âme ?
Le phare, à l‘occident, alterne ses couleurs ;La sirène fatale ulule au ras des syrtes ;Mais la nuit glaciale est claire de pâleurs…
Qu‘avais-je à vous parler de roses et de myrtes,Vous dont les yeux changeants émerveillaient mon cœur,Vous dont la voix trop douce étonna ma candeur ?
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes et Poésies, Paris, Édition du Mercure de France, 1895· numérisation books.google.com· Sources