Poèmes et Poésies, 1895· Cueille d‘avril· Euphonies
IV. « L‘Aurore a des pudeurs virginales, des voix »
L‘Aurore a des pudeurs virginales, des voixQui font rêver le fol espoir d‘aimer une autre,En cette solitude, hélas, qui fut la nôtreAux jours d‘alors, et tout ce passé que tu vois.
L‘Aurore a Tes pudeurs virginales, Ta voix,Vibrante voix d‘alors que n‘eut jamais une autre ;Mais cet amour très chaste et saint que fut le nôtreS‘en est allé de ta chère âme, je le vois.
A pas très lents, par la charmille basse, où nôtrePremier rêve a chanté le duo de nos voix,Je vais parlant ce rêve, il semblerait d‘un autre.
O mourons ‒ que me font les choses que je voisEt cette solitude, hélas, qui fut la nôtre,Aurore, et ta pudeur virginale, et tes voix !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes et Poésies, Paris, Édition du Mercure de France, 1895· numérisation books.google.com· Sources