Poèmes et Poésies, 1895· Cueille d‘avril· Euphonies
III. « Le flot dormeur s‘éveille et chante sous nos rames »
« Il voulut tout revoir… »V. H.
Le flot dormeur s‘éveille et chante sous nos rames ;Les roseaux chuchoteurs s‘écartent ; le vieux pontAux éclats de tes ris s‘émoustille et répond…Voici le bois aux merisiers où nous entrâmes.
La plaine a la torpeur d‘un lézard, au soleil ;Il plane des vapeurs comme une somnolence ;Et l‘herbe est verte, et l‘ombre sur nous se balance…Voici la source où but ton sourire vermeil.
L‘ombre des meules traîne en cônes vers la luneQui des cimes, là-bas, regarde en se penchantLe jour mourir parmi les affres du couchant…Voici le crépuscule et la nuit importune.
Le flot chante éveillant des rêves endormis,Les roseaux dans la nuit d‘été pleurent-il sembleLes échos du vieux pont ont une voix qui tremble…Voici l‘auberge hilare et le chant des amis.
16 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes et Poésies, Paris, Édition du Mercure de France, 1895· numérisation books.google.com· Sources