Poèmes et Poésies, 1895· Fleurs du chemin et chansons de la route
XI
Ne croyez pas,Pour ce qu‘avril rit roseDans les vergers,Ou pâlit de l‘excès voluptueux des fleurs,Que toutes chosesSelon nos gais cœurs,Et qu‘il n‘est plus une soif à étancher.
Ne croyez pas,Glorieux des gloires automnales,"Ivres des vins jaillis que boit l‘épi qu‘on foule,Qu‘il n‘est plus une faim que rien ne saoûle :Car Décembre est en marche dans la nuit pâle.
Oui, mais ne croyez pas‒ Parce qu‘autour de vous toute âme est vile,Et que ta foule adore son vice servile,Parce que, sur la plaine où le Mystère halèteCourbant l‘épi, froissant la feuille, d‘ailes inquiètes,
Grandit la ville,Ne croyez pas,‒ Bien que tout cœur soit bas, ‒Que le vieil Angélus sonne à jamais le glas ;Croyez, sachez, criez à pleine voixQue l‘Amour est vainqueur et que l‘Espoir est roi !
23 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Poèmes et Poésies, Paris, Édition du Mercure de France, 1895· numérisation books.google.com· Sources