Cendres et Poussières, 1902
Ressemblance inquiétante
J’ai vu dans ton front bas‖ le charme du serpent.Tes lèvres ont humé‖ le sang d’une blessure,Et quelque chose en moi‖ s’écoeure et se repent,Lorsque ton froid baiser‖ me darde sa morsure.
Un regard de vipère‖ est dans tes yeux mi-clos,Et ta tête furtive‖ et plate se redressePlus menaçante après‖ la langueur du repos.J’ai senti le venin‖ au fond de ta caresse.
Pendant les jours d’hiver‖ énervés et frileux,Tu rêves aux tiédeurs‖ des profondes vallées,Et l’on songe, en voyant‖ ton long corps onduleux,À des écailles d’or‖ lentement déroulées.
Je te hais, mais ta souple‖ et splendide beautéMe prend et me fascine‖ et m’attire sans cesse,Et mon cœur, plein d’effroi‖ devant ta cruauté.Te méprise et t’adore,‖ ô Reptile et Déesse !
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a serpent / repent masculine, classiqueb blessure / morsure féminine, classiquea mi-clos / repos masculine, classiqueb redresse / caresse féminine, classiquea frileux / onduleux masculine, classiqueb vallées / déroulées féminine, classiquea beauté / cruauté masculine, classiqueb cesse / Déesse féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Cendres et Poussières, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1902· numérisation wikisource.org· Sources