Études et Préludes, 1901
Sonnet
Tes cheveux irréels,‖ aux reflets clairs et froids,Ont des lueurs de lune‖ et des lumières blondes ;Tes regards ont l’azur‖ des éthers et des ondes ;Ta robe a le frisson‖ des brises et des bois.
Je brûle de baisers‖ la blancheur de tes doigts.L’air nocturne répand‖ la poussière des mondes.Pourtant je ne sais plus,‖ au sein des nuits profondes,Te contempler avec‖ l’extase d’autrefois.
Car l’Astre t’effleura‖ d’une lueur oblique,Et ce fut un éclair‖ lugubre et prophétiqueRévélant la hideur‖ au fond de ta beauté.
Je vis, — oh la terreur‖ de ce rêve profane ! —Sur ta lèvre, pareille‖ aux aurores d’été,Un sourire fané‖ de vieille courtisane.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a froids / bois masculine, classiqueb blondes / ondes féminine, classiquea doigts / d’autrefois masculine, classiqueb mondes / profondes féminine, classiquea oblique / prophétique féminine, classiqueb beauté / d’été masculine, classiquea profane / courtisane féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.3· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Études et Préludes, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1901· numérisation wikisource.org· Sources