Évocations, 1903
Les chardons
Ne dissimule pas‖ ton sourire qui tremble,Lève sur moi tes yeux‖ sans trouble et sans regret,Et nous irons cueillir‖ la fleur qui te ressemble,Dans le champ nébuleux‖ qui longe la forêt,Les mystiques chardons‖ dédaignés du profane.
Je préfère aux langueurs‖ ta rigide beauté.Car l’Épouse souillée‖ aux yeux de courtisaneNe doit plus asservir‖ mon être tourmenté.Viens, très blanche à travers‖ la brume diaphane,Droite dans la raideur‖ de ta virginité.
Tu ne seras jamais‖ la fiévreuse captiveQu’enchaîne le baiser,‖ qu’emprisonne le lit,Tu ne seras jamais‖ la compagne lasciveDont la chair se consume‖ et dont le front pâlit.— Garde ton blanc parfum‖ qui dédaigne le faste.
Tu ne connaîtras point‖ les lâches abandons,Les sanglots partagés‖ qui font l’âme plus vaste,Le doute et la faiblesse‖ ardente des pardons…Et, puisque c’est ainsi‖ que je t’aime, ô Très Chaste !Nous cueillerons ce soir‖ les mystiques chardons.
Versification
- Forme
- 4 quintils (quintils)
- Rimes
- 2{1(ababc) 1(ababa)}
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quintils
- Mots à la rime
- a tremble / ressemble féminine, classiqueb regret / forêt masculine, classiquec profane / courtisane / diaphane féminine, classiquea beauté / tourmenté / virginité masculine, classiquea captive / lascive féminine, classiqueb lit / pâlit masculine, classiquec faste / vaste / Chaste féminine, classiquea abandons / pardons / chardons masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.2· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Évocations, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1903· numérisation wikisource.org· Sources