Évocations, 1903
Sonnet
J’aime la boue humide‖ et triste où se reflèteLe merveilleux frisson‖ des astres, où le soirRevient se contempler‖ ainsi qu’en un miroirQui découvre à demi‖ son image incomplète.
J’aime la boue humide‖ où la Ville inquièteDétache ses lueurs,‖ blondes sur un fond noir,La Ville qui gémit‖ sous un masque d’espoirParmi le vin, les chants‖ et les cris de la fête.
Elle endure la foule‖ aux pieds traînants et las.Elle subit l’empreinte‖ anonyme des pas :Stagnante, elle croupit‖ sur la route inféconde.
Mais elle est l’Avenir‖ des moissons, et les pleursDu printemps en feraient‖ une terre profonde,D’où jaillirait la grâce‖ irréelle des fleurs.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a reflète / incomplète féminine, classiqueb soir / miroir masculine, classiquea inquiète / fête féminine, classiqueb noir / d’espoir masculine, classiquea las / pas masculine, classiqueb inféconde / profonde féminine, classiquea pleurs / fleurs masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.0· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Évocations, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1903· numérisation wikisource.org· Sources