La Vénus des Aveugles, 1904
Les emmurées
L’ombre étouffe le rire‖ étroit des Emmurées.Leur illusoire appel‖ s’étrangle dans la nuit.Leur front implore en vain‖ la brise qui s’enfuitVers l’Ouest, où les mers‖ sommeillent, azurées.
Leur cécité profonde‖ ignore les maréesDes couleurs, les reflux‖ de la fleur et du fruit ;Leur surdité n’a plus‖ le souvenir du bruit,Et la soif a noirci‖ leurs lèvres altérées.
Leur chair ne blondit point‖ sous l’ambre des soleils,Lourde comme la pierre‖ aux éternels sommeilsQue la neige console‖ et que frôlent les brises.
S’éteignant dans l’oubli‖ du silence vainqueur,Leur mort vivante a pris‖ des attitudes grises…La rouille des lichens‖ a dévoré leur cœur.
Versification
- Forme
- Sonnet classique, prototype 2 (sonnet)
- Rimes
- abba abba ccd ede
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a Emmurées / azurées féminine, classiqueb nuit / s’enfuit masculine, classiquea marées / altérées féminine, classiqueb fruit / bruit masculine, classiquea soleils / sommeils masculine, classiqueb brises / grises féminine, classiquea vainqueur / cœur masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
14 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après La Vénus des Aveugles, Paris, ALPHONSE LEMERRE, ÉDITEUR, 1904· numérisation wikisource.org· Sources