Sillages, 1908
Hymne à la lenteur
Parmi les thyms chauffés‖ et leur bonne senteurEt le bourdonnement‖ d’abeilles inquiètes,J’élève un autel d’or‖ à la bonne LenteurAmie et protectrice‖ auguste des poètes.
Elle enseigne l’oubli‖ des heures et des joursEt donne, avec le doux‖ mépris de ce qui presseLe sens oriental‖ de ces belles amoursDont le songe parfait‖ naquit dans la paresse.
Daigne nous inspirer‖ le distique touchantQui réveille en pleurant‖ la mémoire dormante,Ô Lenteur ! toi qui rends‖ plus suave un beau chantMélancolique et noble‖ et digne de l’amante !
Inspire les amours,‖ toi qui sais apaiser,Retenir plus longtemps‖ et rendre plus vivaceEt plus suave encore‖ un suave baiser,Et révèles la gloire‖ entière de la face.
Nous ployons devant toi‖ nos dociles genoux,La contemplation‖ nous étant chère encore…Puisque nous t’honorons,‖ demeure parmi nous,Toi que nous adorons,‖ ô Lenteur que j’adore !
Versification
- Forme
- 5 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 5(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 5 quatrains
- Mots à la rime
- a senteur / Lenteur masculine, classiqueb inquiètes / poètes féminine, classiquea jours / amours masculine, classiqueb presse / paresse féminine, classiquea touchant / chant masculine, classiqueb dormante / l’amante féminine, classiquea apaiser / baiser masculine, classiqueb vivace / face féminine, classiquea genoux / nous masculine, classiqueb encore / j’adore féminine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.8· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
20 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Sillages, Paris, E. SANSOT et Cie, 1908· numérisation wikisource.org· Sources