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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

La henriade, 1723

Chant dixième

Voltaire· distiques, alexandrins, 514 vers

ARGUMENT Retour du roi à son armée : il recommence le siège. Combat singulier du vicomte de Turenne et du chevalier d’Aumale. Famine horrible qui désole la ville. Le roi nourrit lui-même les habitants qu’il assiège. Le ciel récompense enfin ses vertus. La vérité vient l’éclairer. Paris lui ouvre ses portes, et la guerre est finie.

Ces moments dangereux,‖ perdus dans la mollesse,Avaient fait aux vaincus‖ oublier leur faiblesse.À de nouveaux exploits‖ Mayenne est préparé ;D’un espoir renaissant‖ le peuple est enivré.Leur espoir les trompait :‖ Bourbon, que rien n’arrête,Accourt, impatient‖ d’achever sa conquête.Paris épouvanté‖ revit ses étendards ;Le héros reparut‖ au pied de ses remparts,De ces mêmes remparts‖ où fume encor sa foudre,Et qu’à réduire en cendre‖ il ne put se résoudre,Quand l’ange de la France,‖ apaisant son courroux,Retint son bras vainqueur,‖ et suspendit ses coups.Déjà le camp du roi‖ jette des cris de joie ;D’un œil d’impatience‖ il dévorait sa proie.Les ligueurs cependant,‖ d’un juste effroi troublés,Près du prudent Mayenne‖ étaient tous rassemblés.Là, d’Aumale, ennemi‖ de tout conseil timide,Leur tenait fièrement‖ ce langage intrépide :« Nous n’avons point encore‖ appris à nous cacher ;L’ennemi vient à nous :‖ c’est là qu’il faut marcher,C’est là qu’il faut porter‖ une fureur heureuse.Je connais des Français‖ la fougue impétueuse ;L’ombre de leurs remparts‖ affaiblit leur vertu :Le Français qu’on attaque‖ est à demi vaincu.Souvent le désespoir‖ a gagné des batailles ;J’attends tout de nous seuls,‖ et rien de nos murailles.Héros qui m’écoutez,‖ volez aux champs de Mars ;Peuples qui nous suivez,‖ vos chefs sont vos remparts. »

Il se tut à ces mots :‖ les ligueurs en silenceSemblaient de son audace‖ accuser l’imprudence.Il en rougit de honte,‖ et dans leurs yeux confusIl lut, en frémissant,‖ leur crainte et leur refus.« Eh bien ! poursuivit-il,‖ si vous n’osez me suivre,Français, à cet affront‖ je ne veux point survivre.Vous craignez les dangers ;‖ seul je m’y vais offrir,Et vous apprendre à vaincre,‖ ou du moins a mourir. »

De Paris à l’instant‖ il fait ouvrir la porte ;Du peuple qui l’entoure‖ il éloigne l’escorte ;Il s’avance : un héraut,‖ ministre des combats,Jusqu’aux tentes du roi‖ marche devant ses pas,Et crie à haute voix :‖ « Quiconque aime la gloire,Qu’il dispute en ces lieux‖ l’honneur de la victoire :D’Aumale vous attend ;‖ ennemis, paraissez. »

Tous les chefs, à ces mots,‖ d’un beau zèle poussés,Voulaient contre d’Aumale‖ essayer leur courage :Tous briguaient près du roi‖ cet illustre avantage ;Tous avaient mérité‖ ce prix de la valeur :Mais le vaillant Turenne‖ emporta cet honneur.Le roi mit dans ses mains‖ la gloire de la France.« Va, dit-il, d’un superbe‖ abaisser l’insolence ;Combats pour ton pays,‖ pour ton prince, et pour toi,Et reçois, en partant,‖ les armes de ton roi. »Le héros, à ces mots,‖ lui donne son épée.« Votre attente, ô grand roi !‖ ne sera point trompée,Lui répondit Turenne‖ embrassant ses genoux :J’en atteste ce fer,‖ et j’en jure par vous. »Il dit. Le roi l’embrasse,‖ et Turenne s’élanceVers l’endroit où d’Aumale,‖ avec impatience,Attendait qu’à ses yeux‖ un combattant parût.Le peuple de Paris‖ aux remparts accourut ;Les soldats de Henri‖ près de lui se rangèrent :Sur les deux combattants‖ tous les yeux s’attachèrent :Chacun, dans l’un des deux‖ voyant son défenseur,Du geste et de la voix‖ excitait sa valeur.

Cependant sur Paris‖ s’élevait un nuageQui semblait apporter‖ le tonnerre et l’orage ;Ses flancs noirs et brûlants,‖ tout à coup entr’ouverts,Vomissent dans ces lieux‖ les monstres des enfers,Le Fanatisme affreux,‖ la Discorde farouche,La sombre Politique‖ au cœur faux, à l’œil louche,Le démon des combats‖ respirant les fureurs,Dieux enivrés de sang,‖ dieux dignes des ligueurs.Aux remparts de la ville‖ ils fondent, ils s’arrêtent ;En faveur de d’Aumale‖ au combat ils s’apprêtent.Voilà qu’au même instant,‖ du haut des cieux ouverts,Un ange est descendu‖ sur le trône des airs,Couronné de rayons,‖ nageant dans la lumière,Sur des ailes de feu‖ parcourant sa carrière,Et laissant loin de lui‖ l’occident éclairéDes sillons lumineux‖ dont il est entouré.Il tenait d’une main‖ cette olive sacrée,Présage consolant‖ d’une paix désirée ;Dans l’autre étincelait‖ ce fer d’un Dieu vengeur,Ce glaive dont s’arma‖ l’ange exterminateur,Quand jadis le Très-Haut‖ à la Mort dévoranteLivra les premiers nés‖ d’une race insolente.À l’aspect de ce glaive,‖ interdits, désarmés,Les monstres infernaux‖ semblent inanimés ;La terreur les enchaîne ;‖ un pouvoir invincibleFait tomber tous les traits‖ de leur troupe inflexible.Ainsi de son autel‖ teint du sang des humainsTomba ce fier Dagon,‖ ce dieu des Philistins,Lorsque de l’Éternel,‖ en son temple apportée,À ses yeux éblouis‖ l’arche fut présentée.

Paris, le roi, l’armée,‖ et l’enfer, et les cieux,Sur ce combat illustre‖ avaient fixé les yeux.Bientôt les deux guerriers‖ entrent dans la carrière.Henri du champ d’honneur‖ leur ouvre la barrière.Leur bras n’est point chargé‖ du poids d’un bouclier ;Ils ne se cachent point‖ sous ces bustes d’acier,Des anciens chevaliers‖ ornement honorable,Éclatant à la vue,‖ aux coups impénétrable :Ils négligent tous deux‖ cet appareil qui rendEt le combat plus long,‖ et le danger moins grand.Leur arme est une épée ;‖ et, sans autre défense,Exposé tout entier,‖ l’un et l’autre s’avance.« Ô Dieu ! cria Turenne,‖ arbitre de mon roi,Descends, juge sa cause,‖ et combats avec moi ;Le courage n’est rien‖ sans ta main protectrice ;J’attends peu de moi-même,‖ et tout de ta justice. »D’Aumale répondit :‖ « J’attends tout de mon bras ;C’est de nous que dépend‖ le destin des combats :En vain l’homme timide‖ implore un Dieu suprême ;Tranquille au haut du ciel,‖ il nous laisse à nous-même :Le parti le plus juste‖ est celui du vainqueur ;Et le dieu de la guerre‖ est la seule valeur. »Il dit ; et, d’un regard‖ enflammé d’arrogance,Il voit de son rival‖ la modeste assurance.

Mais la trompette sonne :‖ ils s’élancent tous deux ;Ils commencent enfin‖ ce combat dangereux.Tout ce qu’ont pu jamais‖ la valeur et l’adresse,L’ardeur, la fermeté,‖ la force, la souplesse,Parut des deux côtés‖ en ce choc éclatant.Cent coups étaient portés‖ et parés à l’instant.Tantôt avec fureur‖ l’un d’eux se précipite ;L’autre d’un pas léger‖ se détourne, et l’évite :Tantôt, plus rapprochés,‖ ils semblent se saisir ;Leur péril renaissant‖ donne un affreux plaisir ;On se plaît à les voir‖ s’observer et se craindre,Avancer, s’arrêter,‖ se mesurer, s’atteindre :Le fer étincelant,‖ avec art détourné,Par de feints mouvements‖ trompe l’œil étonné.Telle on voit du soleil‖ la lumière éclatanteBriser ses traits de feu‖ dans l’onde transparente,Et, se rompant encor‖ par des chemins divers,De ce cristal mouvant‖ repasser dans les airs.Le spectateur surpris,‖ et ne pouvant le croire,Voyait à tout moment‖ leur chute et leur victoire.D’Aumale est plus ardent,‖ plus fort, plus furieux :Turenne est plus adroit,‖ et moins impétueux ;Maître de tous ses sens,‖ animé sans colère,Il fatigue à loisir‖ son terrible adversaire.D’Aumale en vains efforts‖ épuise sa vigueur :Bientôt son bras lassé‖ ne sert plus sa valeur.Turenne, qui l’observe,‖ aperçoit sa faiblesse ;Il se ranime alors,‖ il le pousse, il le presse ;Enfin, d’un coup mortel,‖ il lui perce le flanc.D’Aumale est renversé‖ dans les flots de son sang :Il tombe, et de l’enfer‖ tous les monstres frémirent ;Ces lugubres accents‖ dans les airs s’entendirent :« De la Ligue à jamais‖ le trône est renversé ;Tu l’emportes, Bourbon ;‖ notre règne est passé. »Tout le peuple y répond‖ par un cri lamentable.D’Aumale sans vigueur,‖ étendu sur le sable,Menace encor Turenne,‖ et le menace en vain ;Sa redoutable épée‖ échappe de sa main :Il veut parler : sa voix‖ expire dans sa bouche.L’horreur d’être vaincu‖ rend son air plus farouche.Il se lève, il retombe,‖ il ouvre un œil mourant,Il regarde Paris,‖ et meurt en soupirant.Tu le vis expirer,‖ infortuné Mayenne ;Tu le vis ; tu frémis ;‖ et ta chute prochaineDans ce moment affreux‖ s’offrit à tes esprits.

Cependant des soldats‖ dans les murs de ParisRapportaient à pas lents‖ le malheureux d’Aumale.Ce spectacle sanglant,‖ cette pompe fataleEntre au milieu d’un peuple‖ interdit, égaré :Chacun voit, en tremblant,‖ ce corps défiguré,Ce front souillé de sang,‖ cette bouche entr’ouverte,Cette tête penchée,‖ et de poudre couverte,Ces yeux où le trépas‖ étale ses horreurs.On n’entend point de cris,‖ on ne voit point de pleurs :La honte, la pitié,‖ l’abattement, la crainte,Étouffent leurs sanglots,‖ et retiennent leur plainte :Tout se tait, et tout tremble.‖ Un bruit rempli d’horreurBientôt de ce silence‖ augmente la terreur.Les cris des assiégeants‖ jusqu’au ciel s’élevèrent ;Les chefs et les soldats‖ près du roi s’assemblèrent ;Ils demandent l’assaut :‖ mais l’auguste Louis,Protecteur des Français,‖ protecteur de son fils,Modérait de Henri‖ le courage terrible.Ainsi des éléments‖ le moteur invisibleContient les aquilons‖ suspendus dans les airs,Et pose la barrière‖ où se brisent les mers :Il fonde les cités,‖ les disperse en ruines,Et les cœurs des mortels‖ sont dans ses mains divines.

Henri, de qui le ciel‖ a réprimé l’ardeur,Des guerriers qu’il gouverne‖ enchaîne la fureur.Il sentit qu’il aimait‖ son ingrate patrie ;Il voulut la sauver‖ de sa propre furie.Haï de ses sujets,‖ prompt à les épargner,Eux seuls voulaient se perdre ;‖ il les voulut gagner.Heureux si sa bonté,‖ prévenant leur audace,Forçait ces malheureux‖ à lui demander grâce.Pouvant les emporter,‖ il les fait investir ;Il laisse à leur fureur‖ le temps du repentir.Il crut que, sans assauts,‖ sans combats, sans alarmes,La disette et la faim,‖ plus fortes que ses armes,Lui livreraient sans peine‖ un peuple inanimé,Nourri dans l’abondance,‖ au luxe accoutumé ;Qui, vaincu par ses maux,‖ souple dans l’indigence,Viendrait à ses genoux‖ implorer sa clémence :Mais le faux Zèle, hélas !‖ qui ne saurait céder,Enseigne à tout souffrir,‖ comme à tout hasarder.

Les mutins, qu’épargnait‖ cette main vengeresse,Prenaient d’un roi clément‖ la Vertu pour faiblesse ;Et, fiers de ses bontés,‖ oubliant sa valeur,Ils défiaient leur maître,‖ ils bravaient leur vainqueur ;Ils osaient insulter‖ à sa vengeance oisive.

Mais lorsqu’enfin les eaux‖ de la Seine captiveCessèrent d’apporter‖ dans ce vaste séjourL’ordinaire tribut‖ des moissons d’alentour ;Quand on vit dans Paris‖ la Faim pâle et cruelle,Montrant déjà la Mort‖ qui marchait après elle ;Alors on entendit‖ des hurlements affreux ;Ce superbe Paris‖ fut plein de malheureuxDe qui la main tremblante,‖ et la voix affaiblie,Demandaient vainement‖ le soutien de leur vie.Bientôt le riche même,‖ après de vains efforts,Éprouva la famine‖ au milieu des trésors.Ce n’était plus ces jeux,‖ ces festins, et ces fêtes,Où de myrte et de rose‖ ils couronnaient leurs têtes ;Où, parmi des plaisirs‖ toujours trop peu goûtés,Les vins les plus parfaits,‖ les mets les plus vantés,Sous des lambris dorés‖ qu’habite la Mollesse,De leurs goûts dédaigneux‖ irritaient la paresse.On vit avec effroi‖ tous ces voluptueux,Pâles, défigurés,‖ et la mort dans les yeux,Périssant de misère‖ au sein de l’opulence,Détester de leurs biens‖ l’inutile abondance.Le vieillard, dont la faim‖ va terminer les jours,Voit son fils au berceau,‖ qui périt sans secours.Ici meurt dans la rage‖ une famille entière.Plus loin, des malheureux,‖ couchés sur la poussière,Se disputaient encore,‖ à leurs derniers moments,Les restes odieux‖ des plus vils aliments.Ces spectres affamés,‖ outrageant la nature,Vont au sein des tombeaux‖ chercher leur nourriture.Des morts épouvantés‖ les ossements poudreux,Ainsi qu’un pur froment,‖ sont préparés par eux.Que n’osent point tenter‖ les extrêmes misères !On les vit se nourrir‖ des cendres de leurs pères.Ce détestable mets‖ avança leur trépas,Et ce repas pour eux‖ fut le dernier repas.

Ces prêtres cependant,‖ ces docteurs fanatiques,Qui, loin de partager‖ les misères publiques,Bornant à leurs besoins‖ tous leurs soins paternels,Vivaient dans l’abondance‖ à l’ombre des autels,Du Dieu qu’ils offensaient‖ attestant la souffrance,Allaient partout du peuple‖ animer la constance.Aux uns, à qui la mort‖ allait fermer les yeux,Leurs libérales mains‖ ouvraient déjà les cieux ;Aux autres ils montraient,‖ d’un coup d’œil prophétique,Le tonnerre allumé‖ sur un prince hérétique,Paris bientôt sauvé‖ par des secours nombreux,Et la manne du ciel‖ prête à tomber pour eux.Hélas ! ces vains appâts,‖ ces promesses stériles,Charmaient ces malheureux,‖ à tromper trop faciles :Par les prêtres séduits,‖ par les Seize effrayés,Soumis, presque contents,‖ ils mouraient à leurs pieds.Trop heureux, en effet,‖ d’abandonner la vie !

D’un ramas d’étrangers‖ la ville était remplie,Tigres que nos aïeux‖ nourrissaient dans leur sein,Plus cruels que la mort,‖ et la guerre, et la faim.Les uns étaient venus‖ des campagnes belgiques ;Les autres, des rochers‖ et des monts helvétiques ;Barbares dont la guerre‖ est l’unique métier,Et qui vendent leur sang‖ à qui veut le payer.De ces nouveaux tyrans‖ les avides cohortesAssiègent les maisons,‖ en enfoncent les portes ;Aux hôtes effrayés‖ présentent mille morts,Non pour leur arracher‖ d’inutiles trésors,Non pour aller ravir,‖ d’une main adultère,Une fille éplorée‖ à sa tremblante mère ;De la cruelle faim‖ le besoin consumantFait expirer en eux‖ tout autre sentiment ;Et d’un peu d’aliments‖ la découverte heureuseÉtait l’unique but‖ de leur recherche affreuse.Il n’est point de tourment,‖ de supplice, et d’horreur,Que, pour en découvrir,‖ n’inventât leur fureur.

Une femme (grand Dieu !‖ faut-il à la mémoireConserver le récit‖ de cette horrible histoire ?),Une femme avait vu,‖ par ces cœurs inhumains,Un reste d’aliment‖ arraché de ses mains.Des biens que lui ravit‖ la fortune cruelle,Un enfant lui restait,‖ prêt à périr comme elle :Furieuse, elle approche,‖ avec un coutelas,De ce fils innocent‖ qui lui tendait les bras :Son enfance, sa voix,‖ sa misère, et ses charmes,À sa mère en fureur‖ arrachent mille larmes ;Elle tourne sur lui‖ son visage effrayé,Plein d’amour, de regret,‖ de rage, de pitié ;Trois fois le fer échappe‖ à sa main défaillante.La rage enfin l’emporte ;‖ et, d’une voix tremblante,Détestant son hymen‖ et sa fécondité :« Cher et malheureux fils‖ que mes flancs ont porté,Dit-elle, c’est en vain‖ que tu reçus la vie ;Les tyrans ou la faim‖ l’auraient bientôt ravie.Et pourquoi vivrais-tu ?‖ Pour aller dans Paris,Errant et malheureux,‖ pleurer sur ses débris ?Meurs, avant de sentir‖ mes maux et ta misère ;Rends-moi le jour, le sang,‖ que t’a donné ta mèreQue mon sein malheureux‖ te serve de tombeau,Et que Paris du moins‖ voie un crime nouveau. »En achevant ces mots,‖ furieuse, égarée,Dans les flancs de son fils‖ sa main désespéréeEnfonce, en frémissant,‖ le parricide acier,Porte le corps sanglant‖ auprès de son foyer,Et, d’un bras que poussait‖ sa faim impitoyable,Prépare avidement‖ ce repas effroyable.

Attirés par la faim,‖ les farouches soldatsDans ces coupables lieux‖ reviennent sur leurs pas :Leur transport est semblable‖ à la cruelle joieDes ours et des lions‖ qui fondent sur leur proie ;À l’envi l’un de l’autre‖ ils courent en fureur,Ils enfoncent la porte.‖ Ô surprise ! ô terreur !Près d’un corps tout sanglant‖ à leurs yeux se présenteUne femme égarée,‖ et de sang dégouttante.« Oui, c’est mon propre fils,‖ oui, monstres inhumains,C’est vous qui dans son sang‖ avez trempé mes mains ;Que la mère et le fils‖ vous servent de pâtureCraignez-vous plus que moi‖ d’outrager la nature ?Quelle horreur à mes yeux‖ semble vous glacer tous !Tigres, de tels festins‖ sont préparés pour vous. »

Ce discours insensé,‖ que sa rage prononce,Est suivi d’un poignard‖ qu’en son cœur elle enfonce.De crainte, à ce spectacle,‖ et d’horreur agités,Ces monstres confondus‖ courent épouvantés.Ils n’osent regarder‖ cette maison funeste ;Ils pensent voir sur eux‖ tomber le feu céleste,Et le peuple, effrayé‖ de l’horreur de son sort,Levait les mains au ciel,‖ et demandait la mort.

Jusqu’aux tentes du roi‖ mille bruits en coururent ;Son cœur en fut touché,‖ ses entrailles s’émurent ;Sur ce peuple infidèle‖ il répandit des pleurs :« Ô Dieu ! s’écria-t-il,‖ Dieu qui lis dans les cœurs,Qui vois ce que je puis,‖ qui connais ce que j’ose,Des ligueurs et de moi‖ tu sépares la cause.Je puis lever vers toi‖ mes innocentes mainsTu le sais, je tendais‖ les bras à ces mutins ;Tu ne m’imputes point‖ leurs malheurs et leurs crimes.Que Mayenne à son gré‖ s’immole ces victimes :Qu’il impute, s’il veut,‖ des désastres si grandsÀ la nécessité,‖ l’excuse des tyrans ;De mes sujets séduits‖ qu’il comble la misère ;Il en est l’ennemi ;‖ j’en dois être le père :Je le suis ; c’est à moi‖ de nourrir mes enfants,Et d’arracher mon peuple‖ à ces loups dévorants :Dût-il de mes bienfaits‖ s’armer contre moi-même,Dussé-je, en le sauvant,‖ perdre mon diadème,Qu’il vive, je le veux,‖ il n’importe à quel prix ;Sauvons-le, malgré lui,‖ de ses vrais ennemis ;Et, si trop de pitié‖ me coûte mon empire,Que du moins sur ma tombe‖ un jour on puisse lire :« Henri, de ses sujets‖ ennemi généreux,« Aima mieux les sauver‖ que de régner sur eux. »

Il dit ; et dans l’instant‖ il veut que son arméeApproche sans éclat‖ de la ville affamée,Qu’on porte aux citoyens‖ des paroles de paix,Et qu’au lieu de vengeance‖ on parle de bienfaits.À cet ordre divin‖ ses troupes obéissent.Les murs en ce moment‖ de peuple se remplissent ;On voit sur les remparts‖ avancer à pas lentsCes corps inanimés,‖ livides, et tremblants,Tels qu’on feignait jadis‖ que des royaumes sombresLes mages à leur gré‖ faisaient sortir les ombresQuand leur voix, du Cocyte‖ arrêtant les torrents,Appelait les enfers,‖ et les mânes errants.

Quel est de ces mourants‖ l’étonnement extrême !Leur cruel ennemi‖ vient les nourrir lui-même.Tourmentés, déchirés‖ par leurs fiers défenseurs,Ils trouvent la pitié‖ dans leurs persécuteurs.Tous ces événements‖ leur semblaient incroyables.Ils voyaient devant eux‖ ces piques formidables,Ces traits, ces instruments‖ des cruautés du sort,Ces lances qui toujours‖ avaient porté la mort,Secondant de Henri‖ la généreuse envie,Au bout d’un fer sanglant‖ leur apporter la vie.« Sont-ce là, disaient-ils,‖ ces monstres si cruels ?Est-ce là ce tyran‖ si terrible aux mortels,Cet ennemi de Dieu,‖ qu’on peint si plein de rage ?Hélas ! du Dieu vivant‖ c’est la brillante image ;C’est un roi bienfaisant,‖ le modèle des rois ;Nous ne méritons pas‖ de vivre sous ses lois.Il triomphe, il pardonne,‖ il chérit qui l’offense.Puisse tout notre sang‖ cimenter sa puissance !Trop dignes du trépas‖ dont il nous a sauvés,Consacrons-lui ces jours‖ qu’il nous a conservés.

De leurs cœurs attendris‖ tel était le langage :Mais qui peut s’assurer‖ sur un peuple volage,Dont la faible amitié‖ s’exhale en vains discours,Qui quelquefois s’élève,‖ et retombe toujours ?Ces prêtres, dont cent fois‖ la fatale éloquenceRalluma tous ces feux‖ qui consumaient la France,Vont se montrer en pompe‖ à ce peuple abattu.« Combattants sans courage,‖ et chrétiens sans vertu,À quel indigne appât‖ vous laissez-vous séduire ?Ne connaissez-vous plus‖ les palmes du martyre ?Soldats du Dieu vivant,‖ voulez-vous aujourd’huiVivre pour l’outrager,‖ pouvant mourir pour lui ?Quand Dieu du haut des cieux‖ nous montre la couronne,Chrétiens, n’attendons pas‖ qu’un tyran nous pardonne.Dans sa coupable secte‖ il veut nous réunir :De ses propres bienfaits‖ songeons à le punir.Sauvons nos temples saints‖ de son culte hérétique. »

C’est ainsi qu’ils parlaient ;‖ et leur voix fanatique,Maîtresse du vil peuple,‖ et redoutable aux rois,Des bienfaits de Henri‖ faisait taire la voix ;Et déjà quelques-uns,‖ reprenant leur furie,S’accusaient en secret‖ de lui devoir la vie.

À travers ces clameurs‖ et ces cris odieux,La vertu de Henri‖ pénétra dans les cieux.Louis, qui du plus haut‖ de la voûte divineVeille sur les Bourbons‖ dont il est l’origine,Connut qu’enfin les temps‖ allaient être accomplis,Et que le Roi des rois‖ adopterait son fils.Aussitôt de son cœur‖ il chassa les alarmes :La Foi vint essuyer‖ ses yeux mouillés de larmes ;Et la douce Espérance,‖ et l’Amour paternel,Conduisirent ses pas‖ aux pieds de l’Éternel.

Au milieu des clartés‖ d’un feu pur et durable,Dieu mit, avant les temps,‖ son trône inébranlable.Le ciel est sous ses pieds ;‖ de mille astres diversLe cours, toujours réglé,‖ l’annonce à l’univers.La puissance, l’amour,‖ avec l’intelligence,Unis et divisés,‖ composent son essence.Ses saints, dans les douceurs‖ d’une éternelle paix,D’un torrent de plaisirs‖ enivrés à jamais,Pénétrés de sa gloire,‖ et remplis de lui-même,Adorent à l’envi‖ sa majesté suprême.Devant lui sont ces dieux,‖ ces brûlants séraphins,À qui de l’univers‖ il commet les destins.Il parle, et de la terre‖ ils vont changer la face :Des puissances du siècle‖ ils retranchent la race :Tandis que les humains,‖ vils jouets de l’erreur,Des conseils éternels‖ accusent la hauteur.Ce sont eux dont la main,‖ frappant Rome asservie,Aux fiers enfants du Nord‖ a livré l’Italie,L’Espagne aux Africains,‖ Solyme aux Ottomans :Tout empire est tombé,‖ tout peuple eut ses tyrans,Mais cette impénétrable‖ et juste ProvidenceNe laisse pas toujours‖ prospérer l’insolence ;Quelquefois sa bonté,‖ favorable aux humains,Met le sceptre des rois‖ dans d’innocentes mains.

Le père des Bourbons‖ à ses yeux se présente,Et lui parle en ces mots‖ d’une voix gémissante :Père de l’univers,‖ si tes yeux quelquefoisHonorent d’un regard‖ les peuples et les rois,Vois le peuple français‖ à son prince rebelle ;S’il viole tes lois,‖ c’est pour t’être fidèle.Aveuglé par son zèle,‖ il te désobéit,Et pense te venger‖ alors qu’il te trahit.Vois ce roi triomphant,‖ ce foudre de la guerre,L’exemple, la terreur,‖ et l’amour de la terre ;Avec tant de vertus,‖ n’as-tu formé son cœurQue pour l’abandonner‖ aux pièges de l’erreur ?Faut-il que de tes mains‖ le plus parfait ouvrageÀ son Dieu qu’il adore‖ offre un coupable hommage ?Ah ! si du grand Henri‖ ton culte est ignoré,Par qui le Roi des rois‖ veut-il être adoré ?Daigne éclairer ce cœur‖ créé pour te connaître :Donne à l’Église un fils,‖ donne à la France un maître ;Des ligueurs obstinés‖ confonds les vains projets ;Rends les sujets au prince,‖ et le prince aux sujetsQue tous les cœurs unis‖ adorent ta justice,Et t’offrent dans Paris‖ le même sacrifice. »

L’Éternel à ses vœux‖ se laissa pénétrer ;Par un mot de sa bouche‖ il daigna l’assurer.À sa divine voix‖ les astres s’ébranlèrent ;La terre en tressaillit,‖ les ligueurs en tremblèrent.Le roi, qui dans le ciel‖ avait mis son appui,Sentit que le Très-Haut‖ s’intéressait pour lui.

Soudain la Vérité,‖ si longtemps attendue,Toujours chère aux humains,‖ mais souvent inconnue,Dans les tentes du roi‖ descend du haut des cieux.D’abord un voile épais‖ la cache à tous les yeux :De moment en moment,‖ les ombres qui la couvrentCèdent à la clarté‖ des feux qui les entr’ouvrent :Bientôt elle se montre‖ à ses yeux satisfaits,Brillante d’un éclat‖ qui n’éblouit jamais.

Henri, dont le grand cœur‖ était formé pour elle,Voit, connaît, aime enfin‖ sa lumière immortelle.Il avoue, avec foi,‖ que la religionEst au-dessus de l’homme,‖ et confond la raison.Il reconnaît l’Église‖ ici-bas combattue,L’Église toujours une,‖ et partout étendue,Libre, mais sous un chef,‖ adorant en tout lieu,Dans le bonheur des saints,‖ la grandeur de son Dieu.Le Christ, de nos péchés‖ victime renaissante,De ses élus chéris‖ nourriture vivante,Descend sur les autels‖ à ses yeux éperdus,Et lui découvre un Dieu‖ sous un pain qui n’est plus.Son cœur obéissant‖ se soumet, s’abandonneÀ ces mystères saints‖ dont son esprit s’étonne.

Louis, dans ce moment‖ qui comble ses souhaits,Louis, tenant en main‖ l’olive de la paix,Descend du haut des cieux‖ vers le héros qu’il aime ;Aux remparts de Paris‖ il le conduit lui-même.Les remparts ébranlés‖ s’entr’ouvrent à sa voix ;Il entre au nom du Dieu‖ qui fait régner les rois.Les ligueurs éperdus,‖ et mettant bas les armes,Sont aux pieds de Bourbon,‖ les baignent de leurs larmes ;Les prêtres sont muets ;‖ les Seize épouvantésEn vain cherchent, pour fuir,‖ des antres écartés.Tout le peuple, changé‖ dans ce jour salutaire,Reconnaît son vrai roi,‖ son vainqueur, et son père.

Dès lors on admira‖ ce règne fortuné,Et commencé trop tard,‖ et trop tôt terminé.L’Autrichien trembla.‖ Justement désarmée,Rome adopta Bourbon,‖ Rome s’en vit aimée.La Discorde rentra‖ dans l’éternelle nuit.À reconnaître un roi‖ Mayenne fut réduit ;Et, soumettant enfin‖ son cœur et ses provinces,Fut le meilleur sujet‖ du plus juste des princes.

FIN DE LA HENRIADE

Versification

Forme
Distiques
Rimes
257((aa))
Mètre
Alexandrins· profil 6+6
Mots à la rime
a mollesse / faiblesse féminine, classiqueb préparé / enivré masculine, classiquec n’arrête / conquête féminine, classiqued étendards / remparts masculine, classiquee foudre / résoudre féminine, classiquef courroux / coups masculine, classiqueg joie / proie féminine, classiqueh troublés / rassemblés masculine, classiquei timide / intrépide féminine, classiquej cacher / marcher masculine, classiquek heureuse / impétueuse féminine, classiquel vertu / vaincu masculine, classiquem batailles / murailles féminine, classiquen Mars / remparts masculine, classiquea silence / l’imprudence féminine, classiqueb confus / refus masculine, classiquec suivre / survivre féminine, classiqued offrir / mourir masculine, classiquea porte / l’escorte féminine, classiqueb combats / pas masculine, classiquec gloire / victoire féminine, classiqued paraissez / poussés masculine, classiqueb courage / avantage féminine, classiquec valeur / honneur masculine, classiqued France / l’insolence féminine, classiquee toi / roi masculine, classiquef épée / trompée féminine, classiqueg genoux / vous masculine, classiqueh s’élance / impatience féminine, classiquei parût / accourut masculine, classiquej rangèrent / s’attachèrent féminine, classiquek défenseur / valeur masculine, classiquea nuage / l’orage féminine, classiqueb entr’ouverts / enfers masculine, classiquec farouche / louche féminine, classiqued fureurs / ligueurs masculine, classiquee s’arrêtent / s’apprêtent féminine, classiquef ouverts / airs masculine, classiqueg lumière / carrière féminine, classiqueh éclairé / entouré masculine, classiquei sacrée / désirée féminine, classiquej vengeur / exterminateur masculine, classiquek dévorante / insolente féminine, classiquel désarmés / inanimés masculine, classiquem invincible / inflexible féminine, classiquen humains / Philistins masculine, classiqueo apportée / présentée féminine, classiquea cieux / yeux masculine, classiqueb carrière / barrière féminine, classiquec bouclier / d’acier masculine, classiqued honorable / impénétrable féminine, classiquee rend / grand masculine, classiquef défense / s’avance féminine, classiqueg roi / moi masculine, classiqueh protectrice / justice féminine, classiquei bras / combats masculine, classiquej suprême / nous-même féminine, classiquek vainqueur / valeur masculine, classiquel d’arrogance / assurance féminine, classiquea deux / dangereux masculine, classiqueb l’adresse / souplesse féminine, classiquec éclatant / l’instant masculine, classiqued précipite / l’évite féminine, classiquee saisir / plaisir masculine, classiquef craindre / s’atteindre féminine, classiqueg détourné / étonné masculine, classiqueh éclatante / transparente féminine, classiquei divers / airs masculine, classiquej croire / victoire féminine, classiquek furieux / impétueux masculine, classiquel colère / adversaire féminine, classiquem vigueur / valeur masculine, classiquen faiblesse / presse féminine, classiqueo flanc / sang masculine, classiquep frémirent / s’entendirent féminine, classiqueq renversé / passé masculine, classiquer lamentable / sable féminine, classiques vain / main masculine, classiquet bouche / farouche féminine, classiqueu mourant / soupirant masculine, classiquev Mayenne / prochaine féminine, classiquew esprits / Paris masculine, classiqueb d’Aumale / fatale féminine, classiquec égaré / défiguré masculine, classiqued entr’ouverte / couverte féminine, classiquee horreurs / pleurs masculine, classiquef crainte / plainte féminine, classiqueg d’horreur / terreur masculine, classiqueh s’élevèrent / s’assemblèrent féminine, classiquei Louis / fils masculine, classiquej terrible / invisible féminine, classiquek airs / mers masculine, classiquel ruines / divines féminine, classiquea l’ardeur / fureur masculine, classiqueb patrie / furie féminine, classiquec épargner / gagner masculine, classiqued audace / grâce féminine, classiquee investir / repentir masculine, classiquef alarmes / armes féminine, classiqueg inanimé / accoutumé masculine, classiqueh l’indigence / clémence féminine, classiquei céder / hasarder masculine, classiquea vengeresse / faiblesse féminine, classiqueb valeur / vainqueur masculine, classiquec oisive / captive féminine, classiqueb séjour / d’alentour masculine, classiquec cruelle / elle féminine, classiqued affreux / malheureux masculine, classiquee affaiblie / vie féminine, classiquef efforts / trésors masculine, classiqueg fêtes / têtes féminine, classiqueh goûtés / vantés masculine, classiquei Mollesse / paresse féminine, classiquej voluptueux / yeux masculine, classiquek l’opulence / abondance féminine, classiquel jours / secours masculine, classiquem entière / poussière féminine, classiquen moments / aliments masculine, classiqueo nature / nourriture féminine, classiquep poudreux / eux masculine, classiqueq misères / pères féminine, classiquer trépas / repas masculine, classiquea fanatiques / publiques féminine, classiqueb paternels / autels masculine, classiquec souffrance / constance féminine, classiqued yeux / cieux masculine, classiquee prophétique / hérétique féminine, classiquef nombreux / eux masculine, classiqueg stériles / faciles féminine, classiqueh effrayés / pieds masculine, classiquei vie / remplie féminine, classiqueb sein / faim masculine, classiquec belgiques / helvétiques féminine, classiqued métier / payer masculine, classiquee cohortes / portes féminine, classiquef morts / trésors masculine, classiqueg adultère / mère féminine, classiqueh consumant / sentiment masculine, classiquei heureuse / affreuse féminine, classiquej d’horreur / fureur masculine, classiquea mémoire / histoire féminine, classiqueb inhumains / mains masculine, classiqued coutelas / bras masculine, classiquee charmes / larmes féminine, classiquef effrayé / pitié masculine, classiqueg défaillante / tremblante féminine, classiqueh fécondité / porté masculine, classiquei vie / ravie féminine, classiquej Paris / débris masculine, classiquek misère / mère féminine, classiquel tombeau / nouveau masculine, classiquem égarée / désespérée féminine, classiquen acier / foyer masculine, classiqueo impitoyable / effroyable féminine, classiquea soldats / pas masculine, classiquec fureur / terreur masculine, classiqued présente / dégouttante féminine, classiquef pâture / nature féminine, classiqueg tous / vous masculine, classiquea prononce / enfonce féminine, classiqueb agités / épouvantés masculine, classiquec funeste / céleste féminine, classiqued sort / mort masculine, classiquea coururent / s’émurent féminine, classiqueb pleurs / cœurs masculine, classiquec j’ose / cause féminine, classiqued mains / mutins masculine, classiquee crimes / victimes féminine, classiquef grands / tyrans masculine, classiqueg misère / père féminine, classiqueh enfants / dévorants masculine, classiquei moi-même / diadème féminine, classiquej prix / ennemis masculine, classiquek empire / lire féminine, classiquel généreux / eux masculine, classiquea armée / affamée féminine, classiqueb paix / bienfaits masculine, classiquec obéissent / remplissent féminine, classiqued lents / tremblants masculine, classiquee sombres / ombres féminine, classiquef torrents / errants masculine, classiquea extrême / lui-même féminine, classiqueb défenseurs / persécuteurs masculine, classiquec incroyables / formidables féminine, classiquee envie / vie féminine, classiquef cruels / mortels masculine, classiqueg rage / image féminine, classiqueh rois / lois masculine, classiquei l’offense / puissance féminine, classiquej sauvés / conservés masculine, classiquea langage / volage féminine, classiqueb discours / toujours masculine, classiquec éloquence / France féminine, classiqued abattu / vertu masculine, classiquee séduire / martyre féminine, classiquef aujourd’hui / lui masculine, classiqueg couronne / pardonne féminine, classiqueh réunir / punir masculine, classiquei hérétique / fanatique féminine, classiqueb rois / voix masculine, classiquec furie / vie féminine, classiquea odieux / cieux masculine, classiqueb divine / l’origine féminine, classiquec accomplis / fils masculine, classiqued alarmes / larmes féminine, classiquee paternel / l’Éternel masculine, classiquea durable / inébranlable féminine, classiqueb divers / l’univers masculine, classiquec l’intelligence / essence féminine, classiqued paix / jamais masculine, classiquee lui-même / suprême féminine, classiquef séraphins / destins masculine, classiqueg face / race féminine, classiqueh l’erreur / hauteur masculine, classiquei asservie / l’Italie féminine, classiquej Ottomans / tyrans masculine, classiquek Providence / l’insolence féminine, classiquel humains / mains masculine, classiquea présente / gémissante féminine, classiqueb quelquefois / rois masculine, classiquec rebelle / fidèle féminine, classiqued désobéit / trahit masculine, classiquee guerre / terre féminine, classiquef cœur / l’erreur masculine, classiqueg ouvrage / hommage féminine, classiqueh ignoré / adoré masculine, classiquei connaître / maître féminine, classiquej projets / sujets masculine, classiquek justice / sacrifice féminine, classiquea pénétrer / l’assurer masculine, classiqueb s’ébranlèrent / tremblèrent féminine, classiquec appui / lui masculine, classiquea attendue / inconnue féminine, classiquec couvrent / entr’ouvrent féminine, classiqued satisfaits / jamais masculine, classiquea elle / immortelle féminine, classiqueb religion / raison masculine, classiquec combattue / étendue féminine, classiqued lieu / Dieu masculine, classiquee renaissante / vivante féminine, classiquef éperdus / plus masculine, classiqueg s’abandonne / s’étonne féminine, classiquea souhaits / paix masculine, classiqueb aime / lui-même féminine, classiquec voix / rois masculine, classiqued armes / larmes féminine, classiquee épouvantés / écartés masculine, classiquef salutaire / père féminine, classiquea fortuné / terminé masculine, classiqueb désarmée / aimée féminine, classiquec nuit / réduit masculine, classiqued provinces / princes féminine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 0.7· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

514 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Voltaire, Paris, Garnier, 1877-1883· numérisation wikisource.org· Sources