La henriade, 1723
Chant huitième
ARGUMENT Le comte d’Egmont vient de la part du roi d’Espagne au secours de Mayenne et des ligueurs. Bataille d’Ivry, dans laquelle Mayenne est défait, et d’Egmont tué. Valeur et clémence de Henri le Grand.
Des états dans Paris‖ la confuse assembléeAvait perdu l’orgueil‖ dont elle était enflée.Au seul nom de Henri,‖ les ligueurs, pleins d’effroi,Semblaient tous oublier‖ qu’ils voulaient faire un roi.Rien ne pouvait fixer‖ leur fureur incertaine ;Et, n’osant dégrader‖ ni couronner Mayenne,Ils avaient confirmé,‖ par leurs décrets honteux,Le pouvoir et le rang‖ qu’il ne tenait pas d’eux.
Ce lieutenant sans chef,‖ ce roi sans diadème,Toujours dans son parti‖ garde un pouvoir suprême.Un peuple obéissant,‖ dont il se dit l’appui,Lui promet de combattre‖ et de mourir pour lui.Plein d’un nouvel espoir,‖ au conseil il appelleTous ces chefs orgueilleux,‖ vengeurs de sa querelle ;Les Lorrains, les Nemours,‖ La Châtre, Canillac,Et l’inconstant Joyeuse,‖ et saint-Paul, et Brissac.Ils viennent : la fierté,‖ la vengeance, la rage,Le désespoir, l’orgueil,‖ sont peints sur leur visage.Quelques-uns en tremblant‖ semblaient porter leurs pas,Affaiblis par leur sang‖ versé dans les combats ;Mais ces mêmes combats,‖ leur sang, et leurs blessures,Les excitaient encore‖ à venger leurs injures.Tout auprès de Mayenne‖ ils viennent se ranger ;Tous, le fer dans les mains,‖ jurent de le venger.Telle au haut de l’Olympe,‖ aux champs de Thessalie,Des enfants de la terre‖ on peint la troupe impieEntassant des rochers,‖ et menaçant les cieux,Ivre du fol espoir‖ de détrôner les dieux.
La Discorde à l’instant,‖ entr’ouvrant une nue,Sur un char lumineux‖ se présente à leur vue :« Courage ! leur dit-elle,‖ on vient vous secourir ;C’est maintenant, Français,‖ qu’il faut vaincre ou mourir.D’Aumale, le premier,‖ se lève à ces paroles ;Il court, il voit de loin‖ les lances espagnoles :« Le voilà, cria-t-il,‖ le voilà, ce secoursDemandé si longtemps,‖ et différé toujours :Amis, enfin l’Autriche‖ a secouru la France. »Il dit. Mayenne alors‖ vers les portes s’avance.Le secours paraissait‖ vers ces lieux révérésQu’aux tombes de nos rois‖ la mort a consacrés.Ce formidable amas‖ d’armes étincelantes,Cet or, ce fer brillant,‖ ces lances éclatantes,Ces casques, ces harnois,‖ ce pompeux appareil,Défiaient dans les champs‖ les rayons du soleil :Tout le peuple au-devant‖ court en foule avec joie :Ils bénissent le chef‖ que Madrid leur envoie :C’était le jeune Egmont,‖ ce guerrier obstiné,Ce fils ambitieux‖ d’un père infortuné ;Dans les murs de Bruxelle‖ il a reçu la vie :Son père, qu’aveugla‖ l’amour de la patrie,Mourut sur l’échafaud,‖ pour soutenir les droitsDes malheureux Flamands‖ opprimés par leurs rois :Le fils, courtisan lâche,‖ et guerrier téméraire,Baisa longtemps la main‖ qui fit périr son père,Servit, par politique,‖ aux maux de son pays,Persécuta Bruxelle,‖ et secourut Paris.Philippe l’envoyait‖ sur les bords de la Seine,Comme un Dieu tutélaire,‖ au secours de Mayenne ;Et Mayenne, avec lui,‖ crut aux tentes du roiRapporter à son tour‖ le carnage et l’effroi.Le téméraire orgueil‖ accompagnait leur trace.Qu’avec plaisir, grand roi,‖ tu voyais cette audace !Et que tes vœux hâtaient‖ le moment d’un combatOù semblaient attachés‖ les destins de l’État.
Près des bords de l’Iton‖ et des rives de l’EureEst un champ fortuné,‖ l’amour de la nature :La guerre avait longtemps‖ respecté les trésorsDont Flore et les Zéphyrs‖ embellissaient ces bords.Au milieu des horreurs‖ des discordes civiles,Les bergers de ces lieux‖ coulaient des jours tranquilles.Protégés par le ciel‖ et par leur pauvreté,Ils semblaient des soldats‖ braver l’avidité,Et, sous leurs toits de chaume,‖ à l’abri des alarmes,N’entendaient point le bruit‖ des tambours et des armes.Les deux camps ennemis‖ arrivent en ces lieux :La désolation‖ partout marche avant eux.De l’Eure et de l’Iton‖ les ondes s’alarmèrent ;Les bergers, pleins d’effroi,‖ dans les bois se cachèrent ;Et leurs tristes moitiés,‖ compagnes de leurs pas,Emportent leurs enfants‖ gémissants dans leurs bras.
Habitants malheureux‖ de ces bords pleins de charmes,Du moins à votre roi‖ n’imputez point vos larmes ;S’il cherche les combats,‖ c’est pour donner la paix :Peuples, sa main sur vous‖ répandra ses bienfaits :Il veut finir vos maux,‖ il vous plaint, il vous aime,Et dans ce jour affreux‖ il combat pour vous-même.Les moments lui sont chers,‖ il court dans tous les rangsSur un coursier fougueux‖ plus léger que les vents,Qui, fier de son fardeau,‖ du pied frappant la terre,Appelle les dangers,‖ et respire la guerre.On voyait près de lui‖ briller tous ces guerriers,Compagnons de sa gloire‖ et ceints de ses lauriers :D’Aumont, qui sous cinq rois‖ avait porté les armes ;Biron, dont le seul nom‖ répandait les alarmes ;Et son fils, jeune encore,‖ ardent, impétueux,Qui depuis… mais alors‖ il était vertueux ;Sully, Nangis, Crillon,‖ ces ennemis du crime,
Que la Ligue déteste‖ et que la Ligue estime ;Turenne, qui, depuis,‖ de la jeune BouillonMérita, dans Sedan,‖ la puissance et le nom ;Puissance malheureuse‖ et trop mal conservée,Et par Armand détruite‖ aussitôt qu’élevée.Essex avec éclat‖ paraît au milieu d’eux,Tel que dans nos jardins‖ un palmier sourcilleux,À nos ormes touffus‖ mêlant sa tête altière,Paraît s’enorgueillir‖ de sa tige étrangère.Son casque étincelait‖ des feux les plus brillantsQu’étalaient à l’envi‖ l’or et les diamants,Dons chers et précieux‖ dont sa fière maîtresseHonora son courage,‖ ou plutôt sa tendresse.Ambitieux Essex,‖ vous étiez à la foisL’amour de votre reine‖ et le soutien des rois.Plus loin sont La Trimouille,‖ et Clermont, et Feuquières,Le malheureux de Nesle,‖ et l’heureux Lesdiguières,D’Ailly, pour qui ce jour‖ fut un jour trop fatal.Tous ces héros en foule‖ attendaient le signal,Et, rangés près du roi,‖ lisaient sur son visageD’un triomphe certain‖ l’espoir et le présage.
Mayenne, en ce moment,‖ inquiet, abattu,Dans son cœur étonné‖ cherche en vain sa vertu.Soit que, de son parti‖ connaissant l’injustice,Il ne crût point le ciel‖ à ses armes propice ;Soit que l’âme, en effet,‖ ait des pressentiments,Avant-coureurs certains‖ des grands événements.Ce héros cependant,‖ maître de sa faiblesse,Déguisait ses chagrins‖ sous sa fausse allégresse :Il s’excite, il s’empresse,‖ il inspire aux soldatsCet espoir généreux‖ que lui-même il n’a pas.
D’Egmont auprès de lui,‖ plein de la confianceQue dans un jeune cœur‖ fait naître l’imprudence,Impatient déjà‖ d’exercer sa valeur,De l’incertain Mayenne‖ accusait la lenteur.Tel qu’échappé du sein‖ d’un riant pâturage,Au bruit de la trompette‖ animant son courage,Dans les champs de la Thrace‖ un coursier orgueilleux,Indocile, inquiet,‖ plein d’un feu belliqueux,Levant les crins mouvants‖ de sa tête superbe,Impatient du frein,‖ vole et bondit sur l’herbe ;Tel paraissait Egmont :‖ une noble fureurÉclate dans ses yeux,‖ et brûle dans son cœur.Il s’entretient déjà‖ de sa prochaine gloire ;Il croit que son destin‖ commande à la victoire.Hélas ! il ne sait point‖ que son fatal orgueilDans les plaines d’Ivry‖ lui prépare un cercueil.
Vers les ligueurs enfin‖ le grand Henri s’avance ;Et s’adressant aux siens,‖ qu’enflammait sa présence :« Vous êtes nés Français,‖ et je suis votre roi ;Voilà nos ennemis,‖ marchez, et suivez-moi ;Ne perdez point de vue,‖ au fort de la tempête,Ce panache éclatant‖ qui flotte sur ma tête ;Vous le verrez toujours‖ au chemin de l’honneur.À ces mots, que ce roi‖ prononçait en vainqueur,Il voit d’un feu nouveau‖ ses troupes enflammées,Et marche en invoquant‖ le grand Dieu des armées.Sur les pas des deux chefs‖ alors en même tempsOn voit des deux partis‖ voler les combattants.Ainsi lorsque des monts‖ séparés par AlcideLes aquilons fougueux‖ fondent d’un vol rapide,Soudain les flots émus‖ de deux profondes mersD’un choc impétueux‖ s’élancent dans les airs ;La terre au loin gémit,‖ le jour fuit, le ciel gronde,Et l’Africain tremblant‖ craint la chute du monde.Au mousquet réuni‖ le sanglant coutelasDéjà de tous côtés‖ porte un double trépas :Cette arme que jadis,‖ pour dépeupler la terre,Dans Bayonne inventa‖ le démon de la guerre,Rassemble en même temps,‖ digne fruit de l’enfer,Ce qu’ont de plus terrible‖ et la flamme et le fer.On se mêle, on combat ;‖ l’adresse, le courage,Le tumulte, les cris,‖ la peur, l’aveugle rage,La honte de céder,‖ l’ardente soif du sang,Le désespoir, la mort,‖ passent de rang en rang.L’un poursuit un parent‖ dans le parti contraire ;Là, le frère en fuyant‖ meurt de la main d’un frère.La nature en frémit,‖ et ce rivage affreuxS’abreuvait à regret‖ de leur sang malheureux.
Dans d’épaisses forêts‖ de lances hérissées,De bataillons sanglants,‖ de troupes renversées,Henri pousse, s’avance,‖ et se fait un chemin.Le grand Mornay le suit,‖ toujours calme et serein ;Il veille autour de lui‖ tel qu’un puissant génie,Tel qu’on feignait jadis,‖ aux champs de la Phrygie,De la terre et des cieux‖ les moteurs éternelsMêlés dans les combats‖ sous l’habit des mortels ;Ou tel que du vrai Dieu‖ les ministres terribles,Ces puissances des cieux,‖ ces êtres impassibles,Environnés des vents,‖ des foudres, des éclairs,D’un front inaltérable‖ ébranlent l’univers.Il reçoit de Henri‖ tous ces ordres rapides,De l’âme d’un héros‖ mouvements intrépides,Qui changent le combat,‖ qui fixent le destin ;Aux chefs des légions‖ il les porte soudain ;L’officier les reçoit ;‖ sa troupe impatienteRègle, au soin de sa voix,‖ sa rage obéissante.On s’écarte, on s’unit,‖ on marche en divers corps ;Un esprit seul préside‖ à ces vastes ressorts.Mornay revole au prince,‖ il le suit, il l’escorte ;Il pare, en lui parlant,‖ plus d’un coup qu’on lui porte ;Mais il ne permet pas‖ à ses stoïques mainsDe se souiller du sang‖ des malheureux humains.De son roi seulement‖ son âme est occupée :Pour sa défense seule‖ il a tiré l’épée ;Et son rare courage,‖ ennemi des combats,Sait affronter la mort,‖ et ne la donne pas.
De Turenne déjà‖ la valeur indomptéeRepoussait de Nemours‖ la troupe épouvantée.D’Ailly portait partout‖ la crainte et le trépas ;D’Ailly, tout orgueilleux‖ de trente ans de combats,Et qui, dans les horreurs‖ de la guerre cruelle,Reprend, malgré son âge,‖ une force nouvelle.Un seul guerrier s’oppose‖ à ses coups menaçants :C’est un jeune héros‖ à la fleur de ses ans,Qui, dans cette journée‖ illustre et meurtrière,Commençait des combats‖ la fatale carrière ;D’un tendre hymen à peine‖ il goûtait les appas ;Favori des Amours,‖ il sortait de leurs bras.Honteux de n’être encor‖ fameux que par ses charmes,Avide de la gloire,‖ il volait aux alarmes.Ce jour, sa jeune épouse,‖ en accusant le ciel,En détestant la Ligue‖ et ce combat mortel,Arma son tendre amant,‖ et, d’une main tremblante,Attacha tristement‖ sa cuirasse pesante,Et couvrit, en pleurant,‖ d’un casque précieuxCe front si plein de grâce,‖ et si cher à ses yeux.
Il marche vers d’Ailly,‖ dans sa fureur guerrière :Parmi des tourbillons‖ de flamme, de poussière,À travers les blessés,‖ les morts, et les mourants,De leurs coursiers fougueux‖ tous deux pressent les flancs ;Tous deux sur l’herbe unie,‖ et de sang colorée,S’élancent loin des rangs‖ d’une course assurée :Sanglants, couverts de fer,‖ et la lance à la main,D’un choc épouvantable‖ ils se frappent soudain.La terre en retentit,‖ leurs lances sont rompues ;Comme en un ciel brûlant‖ deux effroyables nues,Qui, portant le tonnerre‖ et la mort dans leurs flancs,Se heurtent dans les airs,‖ et volent sur les vents :De leur mélange affreux‖ les éclairs rejaillissent ;La foudre en est formée,‖ et les mortels frémissent.Mais loin de leurs coursiers,‖ par un subit effort,Ces guerriers malheureux‖ cherchent une autre mort ;Déjà brille en leurs mains‖ le fatal cimeterre.La Discorde accourut ;‖ le démon de la guerre,La Mort pâle et sanglante,‖ étaient à ses côtés.Malheureux, suspendez‖ vos coups précipités !Mais un destin funeste‖ enflamme leur courage ;Dans le cœur l’un de l’autre‖ ils cherchent un passage,Dans ce cœur ennemi‖ qu’ils ne connaissent pas.Le fer qui les couvrait‖ brille et vole en éclats ;Sous les coups redoublés‖ leur cuirasse étincelle ;Leur sang, qui rejaillit,‖ rougit leur main cruelle ;Leur bouclier, leur casque,‖ arrêtant leur effort,Pare encor quelques coups,‖ et repousse la mort.Chacun d’eux, étonné‖ de tant de résistance,Respectait son rival,‖ admirait sa vaillance.Enfin le vieux d’Ailly,‖ par un coup malheureux,Fait tomber à ses pieds‖ ce guerrier généreux.Ses yeux sont pour jamais‖ fermés à la lumière ;Son casque auprès de lui‖ roule sur la poussière.D’Ailly voit son visage :‖ ô désespoir ! ô cris !Il le voit, il l’embrasse :‖ hélas ! c’était son fils.Le père infortuné,‖ les yeux baignés de larmes,Tournait contre son sein‖ ses parricides armes ;On l’arrête ; on s’oppose‖ à sa juste fureur :Il s’arrache, en tremblant,‖ de ce lieu plein d’horreur ;Il déteste à jamais‖ sa coupable victoire ;Il renonce à la cour,‖ aux humains, à la gloire ;Et, se fuyant lui-même,‖ au milieu des déserts,Il va cacher sa peine‖ au bout de l’univers.Là, soit que le soleil‖ rendît le jour au monde,Soit qu’il finît sa course‖ au vaste sein de l’onde,Sa voix faisait redire‖ aux échos attendrisLe nom, le triste nom‖ de son malheureux fils.
Du héros expirant‖ la jeune et tendre amante,Par la terreur conduite,‖ incertaine, tremblante,Vient d’un pied chancelant‖ sur ces funestes bords :Elle cherche, elle voit‖ dans la foule des morts,Elle voit son époux ;‖ elle tombe éperdue ;Le voile de la mort‖ se répand sur sa vue :« Est-ce toi, cher amant ?‖ » Ces mots interrompus,Ces cris demi formés‖ ne sont point entendus ;Elle rouvre les yeux ;‖ sa bouche presse encorePar ses derniers baisers‖ la bouche qu’elle adore :Elle tient dans ses bras‖ ce corps pâle et sanglant,Le regarde, soupire,‖ et meurt en l’embrassant.
Père, époux malheureux,‖ famille déplorable,Des fureurs de ces temps‖ exemple lamentable,Puisse de ce combat‖ le souvenir affreuxExciter la pitié‖ de nos derniers neveux,Arracher à leurs yeux‖ des larmes salutaires ;Et qu’ils n’imitent point‖ les crimes de leurs pères :
Mais qui fait fuir ainsi‖ ces ligueurs dispersés ?Quel héros, ou quel dieu,‖ les a tous renversés ?C’est le jeune Biron ;‖ c’est lui dont le courageParmi leurs bataillons‖ s’était fait un passage.D’Aumale les voit fuir,‖ et, bouillant de courroux :« Arrêtez, revenez…‖ lâches, où courez-vous ?Vous, fuir ! vous, compagnons‖ de Mayenne et de Guise !Vous qui devez venger‖ Paris, Rome, et l’Église !Suivez-moi, rappelez‖ votre antique vertu ;Combattez sous d’Aumale,‖ et vous avez vaincu. »Aussitôt secouru‖ de Beauvau, de Fosseuse,Du farouche Saint-Paul,‖ et même de Joyeuse,Il rassemble avec eux‖ ces bataillons épars,Qu’il anime en marchant‖ du feu de ses regards.La fortune avec lui‖ revient d’un pas rapide :Biron soutient en vain,‖ d’un courage intrépide,Le cours précipité‖ de ce fougueux torrent ;Il voit à ses côtés‖ Parabère expirant ;Dans la foule des morts‖ il voit tomber Feuquière ;Nesle, Clermont, d’Angenne,‖ ont mordu la poussière ;Percé de coups lui-même,‖ il est près de périr…C’était ainsi, Biron ;‖ que tu devais mourir !Un trépas si fameux,‖ une chute si belle,Rendait de ta vertu‖ la mémoire immortelle.Le généreux Bourbon‖ sut bientôt le dangerOù Biron, trop ardent,‖ venait de s’engager :Il l’aimait, non en roi,‖ non en maître sévèreQui souffre qu’on aspire‖ à l’honneur de lui plaire,Et de qui le cœur dur‖ et l’inflexible orgueilCroit le sang d’un sujet‖ trop payé d’un coup d’œil.Henri de l’amitié‖ sentit les nobles flammes :Amitié, don du ciel,‖ plaisir des grandes âmes ;Amitié, que les rois,‖ ces illustres ingrats,Sont assez malheureux‖ pour ne connaître pas !Il court le secourir ;‖ ce beau feu qui le guideRend son bras plus puissant,‖ et son vol plus rapide.Biron, qu’environnaient‖ les ombres de la mort,À l’aspect de son roi‖ fait un dernier effort ;Il rappelle, à sa voix,‖ les restes de sa vie ;Sous les coups de Bourbon,‖ tout s’écarte, tout plie :Ton roi, jeune Biron,‖ Carrache à ces soldatsDont les coups redoublés‖ achevaient ton trépas ;Tu vis : songe du moins‖ à lui rester fidèle.
Un bruit affreux s’entend.‖ La Discorde cruelle,Aux vertus du héros‖ opposant ses fureurs,D’une rage nouvelle‖ embrase les ligueurs.Elle vole à leur tête,‖ et sa bouche fataleFait retentir au loin‖ sa trompette infernale.Par ses sons trop connus‖ d’Aumale est excité :Aussi prompt que le trait‖ dans les airs emporté,Il cherchait le héros ;‖ sur lui seul il s’élance ;Des ligueurs en tumulte‖ une foule s’avance :Tels, au fond des forêts,‖ précipitant leurs pas,Ces animaux hardis,‖ nourris pour les combats,Fiers esclaves de l’homme,‖ et nés pour le carnage,Pressent un sanglier,‖ en raniment la rage ;Ignorant le danger,‖ aveugles, furieux,Le cor excite au loin‖ leur instinct belliqueux ;Les antres, les rochers,‖ les monts en retentissent :Ainsi contre Bourbon‖ mille ennemis s’unissent ;Il est seul contre tous,‖ abandonné du sort,Accablé par le nombre,‖ entouré de la mort.Louis, du haut des cieux,‖ dans ce danger terrible,Donne au héros qu’il aime‖ une force invincible ;Il est comme un rocher‖ qui, menaçant les airs,Rompt la course des vents‖ et repousse les mers.Qui pourrait exprimer‖ le sang et le carnageDont l’Eure, en ce moment,‖ vit couvrir son rivage !
Ô vous, mânes sanglants‖ du plus vaillant des rois,Éclairez mon esprit,‖ et parlez par ma voix !Il voit voler vers lui‖ sa noblesse fidèle ;Elle meurt pour son roi,‖ son roi combat pour elle.L’effroi le devançait,‖ la mort suivait ses coups,Quand le fougueux Egmont‖ s’offrit à son courroux.
Longtemps cet étranger,‖ trompé par son courage,Avait cherché le roi‖ dans l’horreur du carnageDût sa témérité‖ le conduire au cercueil,L’honneur de le combattre‖ irritait son orgueil.Viens, Bourbon, criait-il,‖ viens augmenter ta gloire,Combattons ; c’est à nous‖ de fixer la victoire.Comme il disait ces mots,‖ un lumineux éclair,Messager des destins,‖ fend les plaines de l’air :L’arbitre des combats‖ fait gronder son tonnerre ;Le soldat sous ses pieds‖ sentit trembler la terre.D’Egmont croit que les cieux‖ lui doivent leur appui,Qu’ils défendent sa cause,‖ et combattent pour lui ;Que la nature entière,‖ attentive à sa gloire,Par la voix du tonnerre‖ annonçait sa victoire.D’Egmont joint le héros,‖ il l’atteint vers le flanc ;Il triomphait déjà‖ d’avoir versé son sang.Le roi, qu’il a blessé,‖ voit son péril sans trouble ;Ainsi que le danger‖ son audace redouble :Son grand cœur s’applaudit‖ d’avoir, au champ d’honneur,Trouvé des ennemis‖ dignes de sa valeur.Loin de le retarder,‖ sa blessure l’irrite ;Sur ce fier ennemi‖ Bourbon se précipite :D’Egmont d’un coup plus sûr‖ est renversé soudain ;Le fer étincelant‖ se plongea dans son sein.Sous leurs pieds teints de sang‖ les chevaux le foulèrent ;Des ombres du trépas‖ ses yeux s’enveloppèrent,Et son âme en courroux‖ s’envola chez les morts,Où l’aspect de son père‖ excita ses remords.
Espagnols tant vantés,‖ troupe jadis si fière,Sa mort anéantit‖ votre vertu guerrière ;Pour la première fois‖ vous connûtes la peur.
L’étonnement, l’esprit‖ de trouble et de terreur,S’empare, en ce moment,‖ de leur troupe alarmée ;Il passe en tous les rangs,‖ il s’étend sur l’armée ;Les chefs sont effrayés,‖ les soldats éperdus ;L’un ne peut commander,‖ l’autre n’obéit plus.Ils jettent leurs drapeaux,‖ ils courent, se renversent,Poussent des cris affreux,‖ se heurtent, se dispersent :Les uns, sans résistance,‖ à leur vainqueur offerts,Fléchissent les genoux,‖ et demandent des fers ;D’autres, d’un pas rapide‖ évitant sa poursuite,Jusqu’aux rives de l’Eure‖ emportés dans leur fuite,Dans ses profondes eaux‖ vont se précipiter,Et courent au trépas‖ qu’ils veulent éviter.Les flots couverts de morts‖ interrompent leur course,Et le fleuve sanglant‖ remonte vers sa source.
Mayenne, en ce tumulte,‖ incapable d’effroi,Affligé, mais tranquille,‖ et maître encor de soi,Voit d’un œil assuré‖ sa fortune cruelle,Et, tombant sous ses coups,‖ songe à triompher d’elle.D’Aumale auprès de lui,‖ la fureur dans les yeux,Accusait les Flamands,‖ la fortune et les cieux.« Tout est perdu, dit-il ;‖ mourons, brave Mayenne :Quittez, lui dit son chef,‖ une fureur si vaine ;Vivez pour un parti‖ dont vous êtes l’honneur ;Vivez pour réparer‖ sa perte et son malheur :Que vous et Bois-Dauphin,‖ dans ce moment funeste,De nos soldats épars‖ assemblent ce qui reste.Suivez-moi l’un et l’autre‖ aux remparts de Paris :De la Ligue en marchant‖ ramassez les débris :De Coligny vaincu‖ surpassons le courage. »D’Aumale, en l’écoutant,‖ pleure, et frémit de rage.Cet ordre qu’il déteste,‖ il va l’exécuter ;Semblable au fier lion‖ qu’un Maure a su dompter,Qui, docile à son maître,‖ à tout autre terrible,À la main qu’il connaît‖ soumet sa tête horrible,Le suit d’un air affreux,‖ le flatte en rugissant,Et paraît menacer,‖ même en obéissant.
Mayenne cependant,‖ par une fuite prompte,Dans les murs de Paris‖ courait cacher sa honte.
Henri victorieux‖ voyait de tous côtésLes ligueurs sans défense‖ implorant ses bontés.Des cieux en ce moment‖ les voûtes s’entr’ouvrirentLes mânes des Bourbons‖ dans les airs descendirent.Louis au milieu d’eux,‖ du haut du firmament,Vint contempler Henri‖ dans ce fameux moment,Vint voir comme il saurait‖ user de la victoire,Et s’il achèverait‖ de mériter sa gloire.
Ses soldats près de lui,‖ d’un œil plein de courroux,Regardaient ces vaincus‖ échappés à leurs coups.Les captifs en tremblant,‖ conduits en sa présence,Attendaient leur arrêt‖ dans un profond silence.Le mortel désespoir,‖ la honte, la terreur,Dans leurs yeux égarés‖ avaient peint leur malheur.Bourbon tourna sur eux‖ des regards pleins de grâce.Où régnaient à la fois‖ la douceur et l’audace.« Soyez libres, dit-il ;‖ vous pouvez désormaisRester mes ennemis,‖ ou vivre mes sujets.Entre Mayenne et moi‖ reconnaissez un maître ;Voyez qui de nous deux‖ a mérité de l’être :Esclaves de la Ligue,‖ ou compagnons d’un roi,Allez gémir sous elle,‖ ou triomphez sous moi :Choisissez. » À ces mots‖ d’un roi couvert de gloire,Sur un champ de bataille,‖ au sein de la victoire,On voit en un moment‖ ces captifs éperdus,Contents de leur défaite,‖ heureux d’être vaincus :Leurs yeux sont éclairés,‖ leurs cœurs n’ont plus de haine ;Sa valeur les vainquit,‖ sa vertu les enchaîne ;Et, s’honorant déjà‖ du nom de ses soldats,Pour expier leur crime,‖ ils marchent sur ses pas.Le généreux vainqueur‖ a cessé le carnage ;Maître de ses guerriers,‖ il fléchit leur courage.Ce n’est plus ce lion‖ qui, tout couvert de sang,Portait avec l’effroi‖ la mort de rang en rang ;C’est un dieu bienfaisant‖ qui, laissant son tonnerre,Enchaîne la tempête,‖ et console la terre.Sur ce front menaçant,‖ terrible, ensanglanté,La paix a mis les traits‖ de la sérénité.Ceux à qui la lumière‖ était presque ravie,Par ses ordres humains‖ sont rendus à la vie ;Et sur tous leurs dangers,‖ et sur tous leurs besoins,Tel qu’un père attentif‖ il étendait ses soins.
Du vrai comme du faux‖ la prompte messagère,Qui s’accroît dans sa course,‖ et d’une aile légère,Plus prompte que le temps,‖ vole au delà des mers,Passe d’un pôle à l’autre,‖ et remplit l’univers ;Ce monstre composé‖ d’yeux, de bouches, d’oreilles,Qui célèbre des rois‖ la honte ou les merveilles,Qui rassemble sous lui‖ la Curiosité,L’Espoir, l’Effroi, le Doute,‖ et la Crédulité,De sa brillante voix,‖ trompette de la gloire,Du héros de la France‖ annonçait la victoire.Du Tage à l’Éridan‖ le bruit en fut porté,Le Vatican superbe‖ en fut épouvanté.Le Nord à cette voix‖ tressaillit d’allégresse ;Madrid frémit d’effroi,‖ de honte, et de tristesse.
Ô malheureux Paris !‖ infidèles ligueurs !Ô citoyens trompés !‖ et vous, prêtres trompeurs !De quels cris douloureux‖ vos temples retentirent !De cendre en ce moment‖ vos têtes se couvrirent.Hélas ! Mayenne encor‖ vient flatter vos esprits,Vaincu, mais plein d’espoir,‖ et maître de Paris,Sa politique habile,‖ au fond de sa retraite,Aux ligueurs incertains‖ déguisait sa défaite.Contre un coup si funeste‖ il veut les rassurer ;En cachant sa disgrâce,‖ il croit la réparer.Par cent bruits mensongers‖ il ranimait leur zèle :Mais, malgré tant de soins,‖ la vérité cruelle,Démentant à ses yeux‖ ses discours imposteurs,Volait de bouche en bouche,‖ et glaçait tous les cœurs.
La Discorde en frémit,‖ et redoublant sa rage :« Non, je ne verrai point‖ détruire mon ouvrage,Dit-elle, et n’aurai point,‖ dans ces murs malheureux,Versé tant de poisons,‖ allumé tant de feux,De tant de flots de sang‖ cimenté ma puissance,Pour laisser à Bourbon‖ l’empire de la France.Tout terrible qu’il est,‖ j’ai l’art de l’affaiblir ;Si je n’ai pu le vaincre,‖ on le peut amollir.N’opposons plus d’efforts‖ à sa valeur suprême :Henri n’aura jamais‖ de vainqueur que lui-même.C’est son cœur qu’il doit craindre,‖ et je veux aujourd’huiL’attaquer, le combattre,‖ et le vaincre par lui. »Elle dit ; et soudain,‖ des rives de la Seine,Sur un char teint de sang,‖ attelé par la Haine,Dans un nuage épais‖ qui fait pâlir le jour,Elle part, elle vole,‖ et va trouver l’Amour.
FIN DU CHANT HUITIÈME
Versification
- Forme
- Distiques
- Rimes
- 260((aa))
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Mots à la rime
- a assemblée / enflée féminine, classiqueb d’effroi / roi masculine, classiquec incertaine / Mayenne féminine, classiqued honteux / d’eux masculine, classiquea diadème / suprême féminine, classiqueb l’appui / lui masculine, classiquec appelle / querelle féminine, classiqued Canillac / Brissac masculine, classiquee rage / visage féminine, classiquef pas / combats masculine, classiqueg blessures / injures féminine, classiqueh ranger / venger masculine, classiquei Thessalie / impie féminine, classiquej cieux / dieux masculine, classiquea nue / vue féminine, classiqueb secourir / mourir masculine, classiquec paroles / espagnoles féminine, classiqued secours / toujours masculine, classiquee France / s’avance féminine, classiquef révérés / consacrés masculine, classiqueg étincelantes / éclatantes féminine, classiqueh appareil / soleil masculine, classiquei joie / envoie féminine, classiquej obstiné / infortuné masculine, classiquek vie / patrie féminine, classiquel droits / rois masculine, classiquem téméraire / père féminine, classiquen pays / Paris masculine, classiqueo Seine / Mayenne féminine, classiquep roi / l’effroi masculine, classiqueq trace / audace féminine, classiquer combat / l’État masculine, classiquea l’Eure / nature féminine, équivalenteb trésors / bords masculine, classiquec civiles / tranquilles féminine, classiqued pauvreté / l’avidité masculine, classiquee alarmes / armes féminine, classiquef lieux / eux masculine, classiqueg s’alarmèrent / cachèrent féminine, classiqueh pas / bras masculine, classiquea charmes / larmes féminine, classiqueb paix / bienfaits masculine, classiquec aime / vous-même féminine, classiqued rangs / vents masculine, classiquee terre / guerre féminine, classiquef guerriers / lauriers masculine, classiqueg armes / alarmes féminine, classiqueh impétueux / vertueux masculine, classiquei crime / estime féminine, classiqueb Bouillon / nom masculine, classiquec conservée / qu’élevée féminine, classiqued d’eux / sourcilleux masculine, classiquee altière / étrangère féminine, classiquef brillants / diamants masculine, classiqueg maîtresse / tendresse féminine, classiqueh fois / rois masculine, classiquei Feuquières / Lesdiguières féminine, classiquej fatal / signal masculine, classiquek visage / présage féminine, classiquea abattu / vertu masculine, classiqueb l’injustice / propice féminine, classiquec pressentiments / événements masculine, classiqued faiblesse / allégresse féminine, classiquee soldats / pas masculine, classiquea confiance / l’imprudence féminine, classiqueb valeur / lenteur masculine, classiquec pâturage / courage féminine, classiqued orgueilleux / belliqueux masculine, classiquee superbe / l’herbe féminine, classiquef fureur / cœur masculine, classiqueg gloire / victoire féminine, classiqueh orgueil / cercueil masculine, classiquea s’avance / présence féminine, classiqueb roi / suivez-moi masculine, classiquec tempête / tête féminine, classiqued l’honneur / vainqueur masculine, classiquee enflammées / armées féminine, classiquef temps / combattants masculine, classiqueg Alcide / rapide féminine, classiqueh mers / airs masculine, classiquei gronde / monde féminine, classiquej coutelas / trépas masculine, classiquel l’enfer / fer masculine, classiquem courage / rage féminine, classiquen sang / rang masculine, classiqueo contraire / frère féminine, classiquep affreux / malheureux masculine, classiquea hérissées / renversées féminine, classiqueb chemin / serein masculine, classiquec génie / Phrygie féminine, classiqued éternels / mortels masculine, classiquee terribles / impassibles féminine, classiquef éclairs / l’univers masculine, classiqueg rapides / intrépides féminine, classiqueh destin / soudain masculine, classiquei impatiente / obéissante féminine, classiquej corps / ressorts masculine, classiquek l’escorte / porte féminine, classiquel mains / humains masculine, classiquem occupée / l’épée féminine, classiquen combats / pas masculine, classiquea indomptée / épouvantée féminine, classiqueb trépas / combats masculine, classiquec cruelle / nouvelle féminine, classiqued menaçants / ans masculine, classiquee meurtrière / carrière féminine, classiquef appas / bras masculine, classiqueg charmes / alarmes féminine, classiqueh ciel / mortel masculine, classiquei tremblante / pesante féminine, classiquej précieux / yeux masculine, classiquea guerrière / poussière féminine, classiqueb mourants / flancs masculine, classiquec colorée / assurée féminine, classiqued main / soudain masculine, classiquee rompues / nues féminine, classiquef flancs / vents masculine, classiqueg rejaillissent / frémissent féminine, classiqueh effort / mort masculine, classiquei cimeterre / guerre féminine, classiquej côtés / précipités masculine, classiquek courage / passage féminine, classiquel pas / éclats masculine, classiquem étincelle / cruelle féminine, classiqueo résistance / vaillance féminine, classiquep malheureux / généreux masculine, classiqueq lumière / poussière féminine, classiquer cris / fils masculine, classiques larmes / armes féminine, classiquet fureur / d’horreur masculine, classiqueu victoire / gloire féminine, classiquev déserts / l’univers masculine, classiquew monde / l’onde féminine, classiquex attendris / fils masculine, classiquea amante / tremblante féminine, classiqueb bords / morts masculine, classiquec éperdue / vue féminine, classiqued interrompus / entendus masculine, classiquee encore / adore féminine, classiquef sanglant / l’embrassant masculine, classiquea déplorable / lamentable féminine, classiqueb affreux / neveux masculine, classiquec salutaires / pères féminine, classiquea dispersés / renversés masculine, classiquec courroux / courez-vous masculine, classiqued Guise / l’Église féminine, classiquee vertu / vaincu masculine, classiquef Fosseuse / Joyeuse féminine, classiqueg épars / regards masculine, classiqueh rapide / intrépide féminine, classiquei torrent / expirant masculine, classiquej Feuquière / poussière féminine, classiquek périr / mourir masculine, classiquel belle / immortelle féminine, classiquem danger / s’engager masculine, classiquen sévère / plaire féminine, classiqueo orgueil / d’œil masculine, classiquep flammes / âmes féminine, classiqueq ingrats / pas masculine, classiquer guide / rapide féminine, classiques mort / effort masculine, classiquet vie / plie féminine, classiqueu soldats / trépas masculine, classiquev fidèle / cruelle féminine, classiqueb fureurs / ligueurs masculine, classiquec fatale / infernale féminine, classiqued excité / emporté masculine, classiquee s’élance / s’avance féminine, classiqueg carnage / rage féminine, classiqueh furieux / belliqueux masculine, classiquei retentissent / s’unissent féminine, classiquej sort / mort masculine, classiquek terrible / invincible féminine, classiquel airs / mers masculine, classiquem carnage / rivage féminine, classiquea rois / voix masculine, classiqueb fidèle / elle féminine, classiquec coups / courroux masculine, classiquea courage / carnage féminine, classiqueb cercueil / orgueil masculine, classiqued éclair / l’air masculine, classiquee tonnerre / terre féminine, classiquef appui / lui masculine, classiqueh flanc / sang masculine, classiquei trouble / redouble féminine, classiquej d’honneur / valeur masculine, classiquek l’irrite / précipite féminine, classiquel soudain / sein masculine, classiquem foulèrent / s’enveloppèrent féminine, classiquen morts / remords masculine, classiquea fière / guerrière féminine, classiqueb peur / terreur masculine, classiqueb alarmée / l’armée féminine, classiquec éperdus / plus masculine, classiqued renversent / dispersent féminine, classiquee offerts / fers masculine, classiquef poursuite / fuite féminine, classiqueg précipiter / éviter masculine, classiqueh course / source féminine, classiquea d’effroi / soi masculine, classiqueb cruelle / d’elle féminine, classiquec yeux / cieux masculine, classiqued Mayenne / vaine féminine, classiquee l’honneur / malheur masculine, classiquef funeste / reste féminine, classiqueg Paris / débris masculine, classiquei l’exécuter / dompter masculine, classiquej terrible / horrible féminine, classiquek rugissant / obéissant masculine, classiquea prompte / honte féminine, classiquea côtés / bontés masculine, classiqueb s’entr’ouvrirent / descendirent féminine, classiquec firmament / moment masculine, classiquea courroux / coups masculine, classiqueb présence / silence féminine, classiquec terreur / malheur masculine, classiqued grâce / l’audace féminine, classiquee désormais / sujets masculine, classiquef maître / l’être féminine, classiqueg roi / moi masculine, classiquei éperdus / vaincus masculine, classiquej haine / enchaîne féminine, classiquel carnage / courage féminine, classiqueo ensanglanté / sérénité masculine, classiquep ravie / vie féminine, classiqueq besoins / soins masculine, classiquea messagère / légère féminine, classiqueb mers / l’univers masculine, classiquec d’oreilles / merveilles féminine, classiqued Curiosité / Crédulité masculine, classiquef porté / épouvanté masculine, classiqueg d’allégresse / tristesse féminine, classiquea ligueurs / trompeurs masculine, classiqueb retentirent / couvrirent féminine, classiquec esprits / Paris masculine, classiqued retraite / défaite féminine, classiquee rassurer / réparer masculine, classiquef zèle / cruelle féminine, classiqueg imposteurs / cœurs masculine, classiquea rage / ouvrage féminine, classiqueb malheureux / feux masculine, classiquec puissance / France féminine, classiqued l’affaiblir / amollir masculine, classiquee suprême / lui-même féminine, classiquef aujourd’hui / lui masculine, classiqueg Seine / Haine féminine, classiqueh jour / l’Amour masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
520 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvres complètes de Voltaire, Paris, Garnier, 1877-1883· numérisation wikisource.org· Sources