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Pléthore de mots bien,
un seul est le mot juste.

La Pucelle d’Orléans, 1752

Chant premier

Voltaire· strophe unique, décasyllabes, 367 vers

Argument Amours honnêtes de Charles VII et d’Agnès Sorel. Siège d’Orléans par les Anglais. Apparition de saint Denys, etc.

Vous m'ordonnez‖ de célébrer des saints :Ma voix est faible,‖ et même un peu profane.Il faut pourtant‖ vous chanter cette JeanneQui fit, dit-on,‖ des prodiges divins.Elle affermit,‖ de ses pucelles mains,Des fleurs de lys‖ la tige gallicane,Sauva son roi‖ de la rage anglicane,Et le fit oindre‖ au maître-autel de Reims.Jeanne montra‖ sous féminin visage,Sous le corset‖ et sous le cotillon,D'un vrai Roland‖ le vigoureux courage.J'aimerais mieux,‖ le soir pour mon usage,Une beauté‖ douce comme un mouton ;Mais Jeanne d'Arc‖ eut un cœur de lion :Vous le verrez,‖ si lisez cet ouvrage.Vous tremblerez‖ de ses exploits nouveaux ;Et le plus grand‖ de ses rares travauxFut de garder‖ un an son pucelage.O Chapelain,‖ toi dont le violon,De discordante‖ et gothique mémoire,Sous un archet‖ maudit par Apollon,D'un ton si dur‖ a raclé son histoire ;Vieux Chapelain,‖ pour l'honneur de ton art,Tu voudrais bien‖ me prêter ton génie :Je n'en veux point ;‖ c'est pour la Motte-Houdart,Quand l'Iliade‖ est par lui travestie.Le bon roi Charle,‖ au printemps de ses jours,Au temps de Pâque,‖ en la cité de Tours,A certain bal‖ (ce prince aimait la danse)Avait trouvé,‖ pour le bien de la France,Une beauté‖ nommée Agnès Sorel.Jamais l'Amour‖ ne forma rien de tel.Imaginez‖ de Flore la jeunesse,La taille et l'air‖ de la nymphe des bois,Et de Vénus‖ la grâce enchanteresse,Et de l'Amour‖ le séduisant minois,L'art d'Arachné,‖ le doux chant des sirènes :Elle avait tout ;‖ elle aurait dans ses chaînesMis les héros,‖ les sages, et les rois.La voir, l'aimer,‖ sentir l'ardeur naissanteDes doux désirs,‖ et leur chaleur brûlante,Lorgner Agnès,‖ soupirer et trembler,Perdre la voix‖ en voulant lui parler,Presser ses mains‖ d'une main caressante,Laisser briller‖ sa flamme impatiente,Montrer son trouble,‖ en causer à son tour,Lui plaire enfin,‖ fut l'affaire d'un jour.Princes et rois‖ vont très-vite en amour.Agnès voulut,‖ savante en l'art de plaire,Couvrir le tout‖ des voiles du mystère,Voiles de gaze,‖ et que les courtisansPercent toujours‖ de leurs yeux malfaisants.Pour colorer‖ comme on put cette affaire,Le roi fit choix‖ du conseiller Bonneau,Confident sûr,‖ et très-bon Tourangeau :Il eut l'emploi‖ qui certes n'est pas mince,Et qu'à la cour,‖ où tout se peint en beau,Nous appelons‖ être l'ami du prince,Mais qu'à la ville,‖ et surtout en province,Les gens grossiers‖ ont nommé maquereau.Monsieur Bonneau,‖ sur le bord de la Loire,Était seigneur‖ d'un fort joli château.Agnès un soir‖ s'y rendit en bateau,Et le roi Charle‖ y vint à la nuit noire.On y soupa ;‖ Bonneau servit à boire ;Tout fut sans faste,‖ et non pas sans apprêts.Festins des Dieux,‖ vous n'êtes rien auprès !Nos deux amants,‖ pleins de trouble et de joie,Ivres d'amour,‖ à leurs désirs en proie,Se renvoyaient‖ des regards enchanteurs,De leurs plaisirs‖ brûlants avant-coureurs.Les doux propos,‖ libres sans indécence,Aiguillonnaient‖ leur vive impatience.Le prince en feu‖ des yeux la dévorait ;Contes d'amour‖ d'un air tendre il faisait,Et du genou‖ le genou lui serrait.Le souper fait,‖ on eut une musiqueItalienne,‖ en genre chromatique ;On y mêla‖ trois différentes voixAux violons,‖ aux flûtes, aux hautbois.Elles chantaient‖ l'allégorique histoireDe ces héros‖ qu'Amour avait domptés,Et qui, pour plaire‖ à de tendres beautés,Avaient quitté‖ les fureurs de la gloire.Dans un réduit‖ cette musique était,Près de la chambre‖ où le bon roi soupait.La belle Agnès,‖ discrète et retenue,Entendait tout,‖ et d'aucuns n'était vue.Déjà la lune‖ est au haut de son cours :Voilà minuit ;‖ c'est l'heure des amours.Dans une alcôve‖ artistement dorée,Point trop obscure,‖ et point trop éclairée,Entre deux draps‖ que la Frise a tissus,D'Agnès Sorel‖ les charmes sont reçus.Près de l'alcôve‖ une porte est ouverte,Que dame Alix,‖ suivante très-experte,En s'en allant‖ oublia de fermer.O vous, amants,‖ vous qui savez aimer,Vous voyez bien‖ l'extrême impatienceDont pétillait‖ notre bon roi de France !Sur ses cheveux,‖ en tresse retenus,Parfums exquis‖ sont déjà répandus.Il vient, il entre‖ au lit de sa maîtresse ;Moment divin‖ de joie et de tendresse !Le cœur leur bat ;‖ l'amour et la pudeurAu front d'Agnès‖ font monter la rougeur.La pudeur passe,‖ et l'amour seul demeure.Son tendre amant‖ l'embrasse tout à l'heure.Ses yeux ardents,‖ éblouis, enchantés,Avidement‖ parcourent ses beautés.Qui n'en serait‖ en effet idolâtre ?Sous un cou blanc‖ qui fait honte à l'albâtreSont deux tetons‖ séparés, faits au tour,Allant, venant,‖ arrondis par l'Amour ;Leur boutonnet‖ a la couleur des roses.Téton charmant,‖ qui jamais ne reposes,Vous invitiez‖ les mains à vous presser,L'œil à vous voir,‖ la bouche à vous baiser.Pour mes lecteurs‖ tout plein de complaisance,J'allais montrer‖ à leurs yeux ébaudisDe ce beau corps‖ les contours arrondis ;Mais la vertu‖ qu'on nomme bienséanceVient arrêter‖ mes pinceaux trop hardis.Tout est beauté,‖ tout est charme dans elle.La volupté,‖ dont Agnès a sa part,Lui donne encore‖ une grâce nouvelle ;Elle l'anime :‖ amour est un grand fard,Et le plaisir‖ embellit toute belle.Trois mois entiers,‖ nos deux jeunes amantsFurent livrés‖ à ces ravissements.Du lit d'amour‖ ils vont droit à la table.Un déjeuner,‖ restaurant délectable,Rend à leurs sens‖ leur première vigueur ;Puis pour la chasse‖ épris de même ardeur,Ils vont tous deux,‖ sur des chevaux d'Espagne,Suivre cent chiens‖ jappant dans la campagne.A leur retour,‖ on les conduit aux bains.Pâtes, parfums,‖ odeurs de l'Arabie,Qui font la peau‖ douce, fraîche et polie,Sont prodigués‖ sur eux à pleines mains.Le dîner vient :‖ la délicate chère,L'oiseau du Phase‖ et le coq de bruyère,De vingt ragoûts‖ l'apprêt délicieux,Charment le nez,‖ le palais et les yeux.Du vin d'Aï‖ la mousse pétillante,Et du Tokai‖ la liqueur jaunissante,En chatouillant‖ les fibres des cerveaux,Y porte un feu‖ qui s'exhale en bons motsAussi brillants‖ que la liqueur légèreQui monte et saute,‖ et mousse au bord du verre :L'ami Bonneau‖ d'un gros rire applauditA son bon roi‖ qui montre de l'esprit.Le dîner fait,‖ on digère, on raisonne,On conte, on rit,‖ on médit du prochain,On fait brailler‖ des vers à maître Alain,On fait venir‖ des docteur de Sorbonne,Des perroquets,‖ un singe, un arlequin.Le soleil baisse ;‖ une troupe choisieAvec le roi‖ court à la comédie,Et, sur la fin‖ de ce fortuné jour,Le couple heureux‖ s'enivre encor d'amour.Plongés tous deux‖ dans l'excès des délices,Ils paraissaient‖ en goûter les prémices.Toujours heureux‖ et toujours plus ardents,Point de soupçons,‖ encor moins de querelles,Nulle langueur ;‖ et l'Amour et le TempsAuprès d'Agnès‖ ont oublié leurs ailes.Charles souvent‖ disait entre ses bras,En lui donnant‖ des baisers tout de flamme :« Ma chère Agnès,‖ idole de mon âme,Le monde entier‖ ne vaut point vos appas.Vaincre et régner,‖ ce n'est rien que folie.Mon parlement‖ me bannit aujourd'hui ;Au fier Anglais‖ la France est asservie :Ah ! qu'il soit roi,‖ mais qu'il me porte envie ;J'ai votre cœur,‖ je suis plus roi que lui. »Un tel discours‖ n'est pas trop héroïque ;Mais un héros,‖ quand il tient dans un litMaîtresse honnête,‖ et que l'amour le pique,Peut s'oublier,‖ et ne sait ce qu'il dit.Comme il menait‖ cette joyeuse vie,Tel qu'un abbé‖ dans sa grasse abbaye,Le prince anglais,‖ toujours plein de furie,Toujours aux champs,‖ toujours armé, botté,Le pot en tête,‖ et la dague au côté,Lance en arrêt,‖ la visière haussée,Foulait aux pieds‖ la France terrassée.Il marche, il vole,‖ il renverse en son coursLes murs épais,‖ les menaçantes tours,Répand le sang,‖ prend l'argent, taxe, pille,Livre aux soldats‖ et la mère et la fille,Fait violer‖ des couvents de nonnains,Boit le muscat‖ des pères bernadins,Frappe en écus‖ l'or qui couvre les saints,Et, sans respect‖ pour Jésus ni Marie,De mainte église‖ il fait mainte écurie :Ainsi qu'on voit‖ dans une bergerieDes loups sanglants‖ de carnage altérés,Et sous leurs dents‖ les troupeaux déchirés,Tandis qu'au loin,‖ couché dans la prairie,Colin s'endort‖ sur le sein d'Égérie,Et que son chien‖ près d'eux est occupéA se saisir‖ des restes du soupé.Or, du plus haut‖ du brillant apogée,Séjour des saints,‖ et fort loin de nos yeux,Le bon Denys,‖ prêcheur de nos aïeux,Vit les malheurs‖ de la France affligée,L'état horrible‖ où l'Anglais l'a plongée,Paris aux fers,‖ et le roi très-chrétienBaisant Agnès,‖ et ne songeant à rien.Ce bon Denys‖ est patron de la France,Ainsi que Mars‖ fut le saint des Romains,Ou bien Pallas‖ chez les Athéniens.Il faut pourtant‖ en faire différence ;Un saint vaut mieux‖ que tous les dieux païens.« Ah ! par mon chef,‖ dit-il, il n'est pas justeDe voir ainsi‖ tomber l'empire augusteOù de la foi‖ j'ai planté l'étendard :Trône des lis,‖ tu cours trop de hasard ;Sang des Valois,‖ je ressens tes misères.Ne souffrons pas‖ que les superbes frèresDe Henri cinq,‖ sans droit et sans raison,Chassent ainsi‖ le fils de la maison.J'ai, quoique saint,‖ et Dieu me le pardonne,Aversion‖ pour la race bretonne :Car, si j'en crois‖ le livre des destins,Un jour ces gens‖ raisonneurs et mutinsSe gausseront‖ des saintes décrétales,Déchireront‖ les romaines annales,Et tous les ans‖ le pape brûleront.Vengeons de loin‖ ce sacrilège affront :Mes chers Français‖ seront tous catholiques ;Ces fiers Anglais‖ seront tous hérétiques :Frappons, chassons‖ ces dogues britanniques :Punissons-les,‖ par quelque nouveau tour,De tout le mal‖ qu'ils doivent faire un jour. »Des Gallicans‖ ainsi parlait l'apôtre,De maudissons‖ lardant sa patenôtre ;Et cependant‖ que tout seul il parlait,Dans Orléans‖ un conseil se tenait.Par les Anglais‖ cette ville bloquéeAu roi de France‖ allait être extorquée.Quelques seigneurs‖ et quelques conseillers,Les uns pédants‖ et les autres guerriers,Sur divers tons‖ déplorant leur misère,Pour leur refrain‖ disaient : « Que faut-il faire ? »Poton, La Hire‖ et le brave Dunois,S'écriaient tous‖ en se mordant les doigts :« Allons, amis,‖ mourons pour la patrie ;Mais aux Anglais‖ vendons cher notre vie. »Le Richemont‖ criait tout haut : « Par Dieu,Dans Orléans‖ il faut mettre le feu ;Et que l'Anglais,‖ qui pense ici nous prendre,N'ait rien de nous‖ que fumée et que cendre. »Pour La Trimouille,‖ il disait : « C'est en vainQue mes parents‖ me firent Poitevin ;J'ai dans Milan‖ laissé ma Dorothée ;Pour Orléans,‖ hélas ! je l'ai quittée.Je combattrai,‖ mais je n'ai plus d'espoir :Faut-il mourir,‖ ô ciel ! sans la revoir ! »Le président‖ Louvet, grand personnage,Au maintien grave,‖ et qu'on eût pris pour sage,Dit : « Je voudrais‖ que préalablementNous fissions rendre‖ arrêt de parlementContre l'Anglais,‖ et qu'en ce cas énormeSur toute chose‖ on procédât en forme. »Louvet était‖ un grand clerc ; mais hélas !Il ignorait‖ son triste et piteux cas :S'il le savait,‖ sa gravité prudenteProcéderait‖ contre sa présidente.Le grand Talbot,‖ le chef des assiégeants,Brûle pour elle,‖ et règne sur ses sens :Louvet l'ignore ;‖ et sa mâle éloquenceN'a pour objet‖ que de venger la France.Dans ce conseil‖ de sages, de héros,On entendait‖ les plus nobles propos ;Le bien public,‖ la vertu les inspire :Surtout l'adroit‖ et l'éloquent La HireParla longtemps,‖ et pourtant parla bien ;Ils disaient d'or,‖ et ne concluaient rien.Comme ils parlaient,‖ on vit par la fenêtreJe ne sais quoi‖ dans les airs apparaître.Un beau fantôme‖ au visage vermeil,Sur un rayon‖ détaché du soleil,Des cieux ouverts‖ fend la voûte profonde.Odeur de saint‖ se sentait à la ronde.Le farfadet‖ dessus son chef avaitA deux pendants‖ une mitre pointueD'or et d'argent,‖ sur le sommet fendue ;Sa dalmatique‖ au gré des vents flottait,Son front brillait‖ d'une sainte auréole,Son cou penché‖ laissait voir son étole,Sa main portait‖ ce bâton pastoralQui fut jadis‖ lituus augural.A cet objet‖ qu'on discernait fort mal,Voilà d'abord‖ monsieur de La Trimouille,Paillard dévot,‖ qui prie et s'agenouille,Le Richemont,‖ qui porte un cœur de fer,Blasphémateur,‖ jureur impitoyable,Haussant la voix,‖ dit que c'était le diableQui leur venait‖ du fin fond de l'enfer ;Que ce serait‖ chose très-agréableSi l'on pouvait‖ parler à Lucifer.Maître Louvet‖ s'encourut au plus viteChercher un pot‖ tout rempli d'eau bénite.Poton, La Hire‖ et Dunois ébahis,Ouvrent tous trois‖ de grands yeux ébaubis.Tous les valets‖ sont couchés sur le ventre.L'objet approche,‖ et le saint fantôme entreTout doucement‖ porté sur son rayon,Puis donne à tous‖ sa bénédiction.Soudain chacun‖ se signe et se prosterne.Il les relève‖ avec un air paterne ;Puis il leur dit :‖ « Ne faut vous effrayer ;Je suis Denys,‖ et saint de mon métier.J'aime la Gaule,‖ et l'ai catéchisée,Et ma bonne âme‖ est très-scandaliséeDe voir Charlot,‖ mon filleul tant aimé,Dont le pays‖ en cendre est consumé,Et qui s'amuse,‖ au lieu de le défendre,A deux tetons‖ qu'il ne cesse de prendre.J'ai résolu‖ d'assister aujourd'huiLes bons Français‖ qui combattent pour lui.Je veux finir‖ leur peine et leur misère.Tout mal, dit-on,‖ guérit par son contraire.Or si Charlot‖ veut, pour une catin,Perdre la France‖ et l'honneur avec elle,J'ai résolu,‖ pour changer son destin,De me servir‖ des mains d'une pucelle.Vous, si d'en haut‖ vous désirez les biens,Si vos cœurs sont‖ et français et chrétiens,Si vous aimez‖ le roi, l'État, l'Église,Assistez-moi‖ dans ma sainte entreprise ;Montrez le nid‖ où nous devons chercherCe vrai phénix‖ que je veux dénicher. »Ainsi parla‖ le vénérable sire.Quand il eut fait,‖ chacun se prit à rire.Le Richemont,‖ né plaisant et moqueur,Lui dit : « Ma foi,‖ mon cher prédicateur,Monsieur le saint,‖ ce n'était pas la peineD'abandonner‖ le céleste domainePour demander‖ à ce peuple méchantCe beau joyau‖ que vous estimez tant.Quand il s'agit‖ de sauver une ville,Un pucelage‖ est une arme inutile.Pourquoi d'ailleurs‖ le prendre en ce pays ?Vous en avez‖ tant dans le paradis !Rome et Lorette‖ ont cent fois moins de ciergesQue chez les saints‖ il n'est là-haut de vierges.Chez les Français,‖ hélas ! il n'en est plus.Tous nos moutiers‖ sont à sec là-dessus.Nos francs archers,‖ nos officiers, nos princes,Ont dès longtemps‖ dégarni les provinces.Ils ont tous fait,‖ en dépit de vos saints,Plus de bâtards‖ encor que d'orphelins.Monsieur Denys,‖ pour finir nos querelles,Cherchez ailleurs,‖ s'il vous plaît, des pucelles. »Le saint rougit‖ de ce discours brutal ;Puis aussitôt‖ il remonte à chevalSur son rayon,‖ sans dire une parole,Pique des deux,‖ et par les airs s'envole,Pour déterrer,‖ s'il peut, ce beau bijou,Qu'on tient si rare,‖ et dont il semble fou.Laissons aller :‖ et tandis qu'il se percheSur l'un des traits‖ qui vont porter le jour,Ami lecteur,‖ puissiez-vous en amourAvoir le bien‖ de trouver ce qu'il cherche !

Versification

Forme
Strophe unique
Mètre
Décasyllabes· profil 4+6
Mots à la rime
a saints / divins masculine, classiqueb profane / Jeanne féminine, classiquec mains / Reims masculine, classiqued gallicane / anglicane féminine, classiquee visage / courage féminine, classiquef cotillon / mouton / lion masculine, classiqueg usage / ouvrage / pucelage féminine, classiqueh nouveaux / travaux masculine, classiquei violon / Apollon masculine, classiquej mémoire / histoire féminine, classiquek art / Motte-Houdart masculine, classiquel génie / travestie féminine, classiquem jours / Tours masculine, classiquen danse / France féminine, classiqueo Sorel / tel masculine, classiquep jeunesse / enchanteresse féminine, classiqueq bois / minois / rois masculine, classiquer sirènes / chaînes féminine, classiques naissante / brûlante féminine, classiquet trembler / parler masculine, classiqueu caressante / impatiente féminine, classiquev tour / jour / amour masculine, classiquew plaire / mystère / affaire féminine, classiquex courtisans / malfaisants masculine, classiquey Bonneau / Tourangeau masculine, classiquez mince / prince / province féminine, classiquea beau / maquereau masculine, classiqueb Loire / noire / boire féminine, classiquec château / bateau masculine, classiqued apprêts / auprès masculine, classiquee joie / proie féminine, classiquef enchanteurs / avant-coureurs masculine, classiqueg indécence / impatience féminine, classiqueh dévorait / faisait / serrait masculine, classiquei musique / chromatique féminine, classiquej voix / hautbois masculine, classiquek histoire / gloire féminine, classiquel domptés / beautés masculine, classiquem était / soupait masculine, classiquen retenue / vue féminine, classiqueo cours / amours masculine, classiquep dorée / éclairée féminine, classiqueq tissus / reçus masculine, classiquer ouverte / très-experte féminine, classiques fermer / aimer masculine, classiquet impatience / France féminine, classiqueu retenus / répandus masculine, classiquev maîtresse / tendresse féminine, classiquew pudeur / rougeur masculine, classiquex demeure / l'heure féminine, classiquey enchantés / beautés masculine, classiquez idolâtre / l'albâtre féminine, classiquea tour / l'Amour masculine, classiqueb roses / reposes féminine, classiquec presser / baiser masculine, classiqued complaisance / bienséance féminine, classiquee ébaudis / arrondis / hardis masculine, classiquef elle / nouvelle / belle féminine, classiqueg part / fard masculine, classiqueh amants / ravissements masculine, classiquei table / délectable féminine, classiquej vigueur / ardeur masculine, classiquek d'Espagne / campagne féminine, classiquel bains / mains masculine, classiquem l'Arabie / polie féminine, classiquen chère / bruyère féminine, classiqueo délicieux / yeux masculine, classiquep pétillante / jaunissante féminine, classiqueq cerveaux / mots masculine, classiquer légère / verre féminine, classiques applaudit / l'esprit masculine, classiquet raisonne / Sorbonne féminine, classiqueu prochain / Alain / arlequin masculine, classiquev choisie / comédie féminine, classiquew jour / d'amour masculine, classiquex délices / prémices féminine, classiquey ardents / Temps masculine, classiquez querelles / ailes féminine, classiquea bras / appas masculine, classiqueb flamme / âme féminine, classiquec folie / asservie féminine, classiqued aujourd'hui / lui masculine, classiquee envie / vie féminine, classiquef héroïque / pique féminine, classiqueg lit / dit masculine, classiqueh abbaye / furie féminine, classiquei botté / côté masculine, classiquej haussée / terrassée féminine, classiquek cours / tours masculine, classiquel pille / fille féminine, classiquem nonnains / bernadins / saints masculine, classiquen Marie / écurie féminine, classiqueo bergerie / prairie / d'Égérie féminine, classiquep altérés / déchirés masculine, classiqueq occupé / soupé masculine, classiquer apogée / affligée / plongée féminine, classiques yeux / aïeux masculine, classiquet très-chrétien / rien masculine, classiqueu France / différence féminine, classiquev Romains / Athéniens / païens masculine, classiquew juste / auguste féminine, classiquex l'étendard / hasard masculine, classiquey misères / frères féminine, classiquez raison / maison masculine, classiquea pardonne / bretonne féminine, classiqueb destins / mutins masculine, classiquec décrétales / annales féminine, classiqued brûleront / affront masculine, classiquee catholiques / hérétiques / britanniques féminine, classiquef tour / jour masculine, classiqueg l'apôtre / patenôtre féminine, classiqueh parlait / tenait masculine, classiquei bloquée / extorquée féminine, classiquej conseillers / guerriers masculine, classiquek misère / faire féminine, classiquel Dunois / doigts masculine, classiquem patrie / vie féminine, classiquen Dieu / feu masculine, classiqueo prendre / cendre féminine, classiquep vain / Poitevin masculine, classiqueq Dorothée / quittée féminine, classiquer d'espoir / revoir masculine, classiques personnage / sage féminine, classiquet préalablement / parlement masculine, classiqueu énorme / forme féminine, classiquev hélas / cas masculine, classiquew prudente / présidente féminine, classiquex assiégeants / sens masculine, classiquey éloquence / France féminine, classiquez héros / propos masculine, classiquea inspire / Hire féminine, classiqueb bien / rien masculine, classiquec fenêtre / apparaître féminine, classiqued vermeil / soleil masculine, classiquee profonde / ronde féminine, classiquef avait / flottait masculine, classiqueg pointue / fendue féminine, classiqueh auréole / étole féminine, classiquei pastoral / augural / mal masculine, classiquej Trimouille / s'agenouille féminine, classiquek fer / l'enfer / Lucifer masculine, classiquel impitoyable / diable / très-agréable féminine, classiquem vite / bénite féminine, classiquen ébahis / ébaubis masculine, classiqueo ventre / entre féminine, classiquep rayon / bénédiction masculine, classiqueq prosterne / paterne féminine, classiquer effrayer / métier masculine, classiques catéchisée / très-scandalisée féminine, classiquet aimé / consumé masculine, classiqueu défendre / prendre féminine, classiquew misère / contraire féminine, classiquex catin / destin masculine, classiquey elle / pucelle féminine, classiquez biens / chrétiens masculine, classiquea l'Église / entreprise féminine, classiqueb chercher / dénicher masculine, classiquec sire / rire féminine, classiqued moqueur / prédicateur masculine, classiquee peine / domaine féminine, classiquef méchant / tant masculine, classiqueg ville / inutile féminine, classiqueh pays / paradis masculine, classiquei cierges / vierges féminine, classiquej plus / là-dessus masculine, classiquek princes / provinces féminine, classiquel saints / d'orphelins masculine, classiquem querelles / pucelles féminine, classiquen brutal / cheval masculine, classiqueo parole / s'envole féminine, classiquep bijou / fou masculine, classiqueq perche / cherche féminine, classiquer jour / amour masculine, classique
Richesse
extension moyenne des rimes 0.7· écart moyen à la rime classique 0.0

Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.

367 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Œuvre complète de Voltaire, Paris, Furne, Libraire-Éditeur, 1835· numérisation poesies.net· Sources