Les épîtres, 1706‑1778
Épître Lxxxviii
1759 À MONSIEUR L’ABBÉ DE LA PORTE
Tu pousses trop loin l'amitié,Abbé, quand tu prends ma défense ;Le vil objet de ta vengeanceSous ta verge me fait pitié.Il ne faut point tant de couragePour se battre contre un poltron,Ni pour écraser un Fréron,Dont le nom seul est un outrage.Un passant donne au polissonUn coup de fouet sur le visage :Ce n'est que de cette façonQu'on corrige un tel personnage,S'il pouvait être corrigé.Mais on le hue, on le bafoue,On l'a mille fois fustigé :Il se carre encor dans la boue ;Dans le mépris il est plongé ;Sur chaque théâtre on le joue :Ne suis-je pas assez vengé ?
Versification
- Forme
- Strophe unique
- Rimes
- 2[abba] 1[abab] 1[ababcbc]
- Mètre
- Octosyllabes
- Mots à la rime
- a l'amitié / pitié masculine, classiqueb défense / vengeance féminine, classiquec courage / outrage féminine, classiqued poltron / Fréron masculine, classiquee polisson / façon masculine, classiquef visage / personnage féminine, classiqueg corrigé / fustigé masculine, classiqueh bafoue / boue / joue féminine, classiquei plongé / vengé masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 1.7· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
19 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Oeuvres complètes, Paris, GARNIER FRÈRES, LIBRAIRES-ÉDITEURS, 1877· numérisation poesies.net· Sources