écrou s. m.
Wallon, skrâw ; ital. scrofola ; du germanique : angl. screw ; allem. Schraube ; holland. schraef ; suédois, skruf ; danois, skrue. Diez tire écrou du latin scrobis, fossette ; mais les formes, particulièrement le wallon skrâv, s'y prêtent moins bien qu'à la dérivation germanique. On remarquera que, anciennement, on disait escroue, du féminin.
écrou s. m.
Bas-lat. scroa, scrua, un mémoire, une cédule ; escroa, cédule, bandelette de parchemin. Origine inconnue. Le sens paraît être ce qu'on déchire, lambeau : Metre escroe de tele [c'est-à-dire mettre morceau de toile en doublure], Liv. des mét. 370 ; En fuiant li ont fait les ronces mainte escroe, Berte, XXXIII., De là le sens de lambeau de papier, de registre, d'écrou. L'anglais a dans le même sens scroll ; et comme cette langue n'en fournit pas l'étymologie, on peut conjecturer que c'est une altération de l'ancien français escroele qui signifie une lanière dans ces vers : Ele ne pot tenir as mains Escroele, drapel ne pieche [piece].... Fabliaux mss. n° 7989, f° 239, dans LACURNE. Escroue a subi la même transformation que écrou 1 : de féminin il est devenu masculin.