Wallon, trauie ; génev. cela s'en va en chair de truie, cela se détériore, se perd ; bourguign. treue ; Berry, treue, true, truie et cloporte, treu, un homme malpropre ; provenç. trueia, truiga, truoia ; catal. truja ; ital. troia ; bas-lat. troga, truiga, truia. D'après Diez, qui écarte la fausse citation de Pomponius Sabinus dans du Cange, la plus ancienne mention du mot est donnée par les Gloses de Cassel. Il faut y joindre ce témoignageci qui n'est pas moins ancien : Truyes est une localité dans l'arrondissement de Loches dite en latin Troicis en 844, Troium en 860, Troilis en 1010. Truyes est au pluriel et représente le pluriel troicis, dont le singulier est troica. On avait songé au latin sus trojanus, porc farci, ainsi dit du cheval de Troie rempli d'hommes et d'armes. Diez, qui a conçu de son côté cette étymologie, l'a fortifiée. Suivant lui le sus trojanus a donné porco di Troia, abrégé en troia ; il cite un ancien auteur espagnol qui a nommé troya un sac rempli de comestibles, et cavallo di Troya, nom que les Napolitains donnent à un goinfre, à celui qui se remplit le ventre. Cela est très ingénieux et certainement très possible. Mais, dans cette hypothèse, que faire du c que présente la plus ancienne forme, celle de l'an 844 ; c qui se retrouve dans le bas-lat. troga et dans le provençal truiga ? On peut penser que le celtique (gaélique, torc, verrat, bas-bret. tourc'h) rend mieux compte de la forme et pour le moins aussi bien du sens.
Étymologie de truie
Origine du mot truie
Du bas latin troia, mot dérivé de porcus Trojanus (« porc farci »), ainsi désigné par allusion au cheval de Troie.
À l’appui de cette thèse, voyez foie, mot très courant dérivé d’une farce de figue.
Mais porcus Trojanus, n’est usité qu’une seule fois en latin, chez Martial ; cependant, il s’agit plus vraisemblablement d’un mot de création plaisante que de l’appellation habituelle d’un mets. L’examen de la dispersion du mot truie dans le domaine gallo-romain, en Italie du Nord, en Catalogne et en Sicile, ainsi que la forme troga, relevée par Du Cange, suggèrent un étymon gaulois *trogja.
Émile Littré complète cette analyse en recensant : le wallon trauie ; l’expression génevoise « cela s’en va en chair de truie » : cela se détériore, se perd ; le bourguignon treue ; le berrichon, treue, true, « truie, cloporte », treu, « homme malpropre » ; l’ancien occitan trueia, truiga, truoia ; le catalan truja ; l’italien troia ; le bas-latin troga, truiga, truia. On peut penser que le celtique, avec le gaélique, torc, « verrat », le bas-breton tourc’h (id.), rend mieux compte de la forme et pour le moins aussi bien du sens.
D'après le Wiktionnaire, CC BY-SA.
L'étymologie de truie selon le Littré
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 : l'étymologie telle que la philologie de son temps l'établissait.
Le mot truie d'après le Littré
s. f. La femelle du verrat. Lire l'article