frais, fraîche adj.
Bourguig. frai, frais, froche, fraîche ; wallon, frèhe, humide ; nam. frèche ; Hainaut, fraiche ; provenç. fresc ; espagn. portug. et ital. fresco ; de l'anc. h. allem. frisc ; allem. mod. frisch ; anglo-sax. fresc ; angl. fresh, qu'on rattache au radical sanscrit prish, mouiller, pleuvoir. L's constante dans frais, et sch au féminin écartent tout rapprochement avec le latin frigus, froid.
frais s. m. plur.
On le tire du bas-latin fredum, qui, signifiant amende pour avoir troublé la paix, a pu prendre le sens général de déboursés, et qui vient de l'ancien haut allemand fridu, la paix ; anglo-sax. frith ; danois, fred. Fredum a pu très bien donner au régime singulier frait ; mais on trouve dans du Cange fractus, fractum, avec le sens de dépenses, qui, lui aussi, donnerait frait, comme fracta avait donné fraite, brèche ; en ce sens le frait est le dommage, et devient, par une transition naturelle, la dépense destinée à le réparer. Ce qui décide la question en faveur de fractum, c'est que le sens en est précis dans le bas-latin, tandis qu'aucun intermédiaire ne nous reporte à fredum, dont, originellement, le sens est autre. Fractum est le latin fractus, participe passif de frangere, briser (voy. FRAGILE).