frise s. f.
Espagn. friso ; ital. fregio. Si frise n'est pas plus ancien dans le français que ne semble l'indiquer l'historique, il s'est formé, au XVIe siècle, de l'espagnol friso. Il y a donc lieu de considérer un même radical dans frise, dans friso, dans fregio. Diez pense que frise est la même chose que fraise 4, et, pour échapper à la difficulté que fait l'italien fregio, admet que fregio vient de frise, comme fregioni vient de frison ; il pense que la signification fondamentale du radical est bouclé, crépu, et que ce radical est germanique : hypothétique dans frisa, fresa, nom des Frisons, ainsi dits, assure-t-on, parce qu'ils étaient bouclés, mais certain dans le frison frisle, l'anglais frizle, bouclé. Dans ce système, on suppose que frise et fraise sont un même mot ; que fraise, chose bouclée, a pris le sens d'ornement, et que l'italien vient du français. Ce sont beaucoup d'hypothèses. Au lieu de cela, il vaut mieux s'en tenir à l'ancienne opinion qui voit dans frise le bas-latin fresium, frisium, frigium, phrygium, qui s'est dit pour broderie, frange, et autres ornements, et qui se rattache aux phrygiae vestes, étoffes phrygiennes de l'antiquité. Diez objecte que phrygium n'a pu donner en français frise ; mais les formes citées ci-dessus du latin du moyen âge prouvent que cette transmutation a pu se faire. Perrault, Vitruve, III, 3, note 66, rappelle que la partie qui est entre l'architrave et la corniche est appelée par les Grecs zoophoros, à cause que cette partie est ordinairement ornée de sculptures, et se joint à Philandre, qui croit que frise signifie la même chose, à cause du latin phrygio qui signifiait un brodeur.