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Étymologie de regret

nom· d'après le Wiktionnaire et le Littré (1872)· synonymes· rimes· famille· contraire· mots qui vont avec· traductions· Littré

Origine du mot regret

(XIIe siècle) Déverbal sans suffixe de regretter.

D'après le Wiktionnaire, CC BY-SA.

L'étymologie de regret selon le Littré

Wallon, li r'gret d'on mau, le retour d'un mal ; dicton namurois, on a todis des r'grets d'on mau do moeis de maiye, on a toujours des retours d'une maladie gagnée au mois de mai (CHAVÉE, Rev. de ling. t. I, p. 224). La plus ancienne étymologie de regretter et la plus reçue est le latin re-quiritari, composé de quiritari, se plaindre. Pour le changement de q en g, on a l'exemple de Guienne venant de Aquitania ; et, bien que quiritari ait donné crier, on peut expliquer la conservation du t dans regretter, par fugita qui a donné fuite à côté de fuie. Une autre étymologie est celle de Mätzner, qui, appuyant sur le sens de plaindre attaché au mot regretter, renvoie au goth. gretan, ancien scand. grata, anglo-sax. graetan, graedan, pleurer, plaindre ; Diez est favorable à cette étymologie, parce que, regretter ne se trouvant pas dans les langues sœurs, il est probable que l'origine dans le français en est germanique. Enfin Mahn le dérive du lat. gratus ; avec ce radical, regretter signifiera primitivement reprendre avec reconnaissance ; mais, de là, le passage au sens de regretter est difficile. M. Chavée, Revue de linguistique, t. I, p. 224, arguant du sens du mot regret en wallon, y voit le latin recretum, chose qui recroît, qui repousse, de recrescere : le c changé en g, comme dans segret, prononciation très usitée de secret ; le sens de fàcherie attaché à ce mot, comme dans l'italien increscere, rincrescere (il aurait pu ajouter que cette signification de increscere n'est pas étrangère à l'ancien français, encroistre y ayant signifié peiner). En définitive, il faut un mot qui renferme l'idée de retour : regret du passé, d'une perte, recroissance, comme dans le wallon, et, pour regretter, rappeler, invoquer, comme dans certains textes du vieux français. On a repoussé avec raison le lat. regressus, qui aurait donné regrès, non regret ; mais ce sens fondamental apparaît quand on compare regret à degret (voyez l'historique à DEGRÉ) ; regret répond à une forme regradus, comme degret à une forme degradus. De cette façon, on rend raison de toutes les acceptions, en conservant l'analogie entre regret et degret. Une difficulté reste : le radical étant gradus, le verbe devrait être regreder, non regreter ; mais le changement de d en t se voit dans convoitise, de cupidicia, dans piétiner, piéton, de pedem ; et, inversement, de t en d, dans plaider, de placitum, et cuider, de cogitare.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 : l'étymologie telle que la philologie de son temps l'établissait.

Le mot regret d'après le Littré

s. m. Déplaisir d'avoir perdu, ou de n'avoir pu obtenir quelque chose. Lire l'article

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