1éternelle s. f. (é-tèr-nè-l')
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Plante (voy. IMMORTELLE).
Plante (voy. IMMORTELLE).
1Qui n'a pas eu de commencement et n'aura point de fin. Des philosophes ont cru le monde éternel. Dieu est éternel. Le Père éternel. Le Verbe éternel.
Une vérité éternelle, une vérité immuable.
2Qui n'aura point de fin. Le bonheur éternel du paradis.
La passion voit tout éternel ; mais la nature humaine veut que tout finisseDiderot, Père de famille, II, 6
La ville éternelle, Rome.
Les ouvrages qui ont donné et donnent encore aujourd'hui la plus haute idée de sa puissance [de Rome] ont été faits sous les rois ; on commençait déjà à bâtir la ville éternelleMontesquieu, Rom. I
Poétiquement. Le sommeil éternel, la mort.
3Par extension, dont on ne peut prévoir la fin, fixer le terme.
Un éternel adieu, adieu que se font des personnes qui ne doivent plus se revoir.
V. Hugo a donné un comparatif à éternel. Mais si la Grèce est sans prestiges, Tu savais des lieux solennels Où sont de plus sacrés vestiges, Des monuments plus éternels, Odes, IV, 6.
4Par exagération, qui semble ne devoir pas finir, qui fatigue, qui ennuie.
[Elles].... se plaignent tous les jours des dégoûts et des égarements éternels qu'elles éprouvent dans ce saint exercice [la prière]Massillon, Car. Prière 1
On ne trouve plus guère après le siècle d'Hélène [mère de Constantin] que l'éternel corinthien [ordre corinthien]Chateaubriand, Itin. II, 159
Un causeur éternel, un bavard infatigable.
Un homme éternel, un homme qui fatigue.
Dans l'espérance que l'éternel Saint-Germain en sortirait avant elleHamilton, Gramm. 4
Léonore et son éternelle gouvernanteLesage, Diable boit. 4
Mais, baron éternel, ce n'est pas sur un regard équivoque, sur une simple civilité que je suis assuré qu'on m'aimeBOISSY, Français à Lond. sc. 1
Par plaisanterie. Une personne éternelle, une personne dont on attend l'héritage et qui tarde à mourir.
Songe-t-elle à vous assurer de quoi vivre ? elle ne sera pas éternelle, et il serait fâcheux qu'elle ne vous mît pas en état d'être toujours aussi proprement miseMarivaux, Mariane, 5e part.
5S. m. Dieu.
Il les reçoit comme des hôtes que l'Éternel lui envoiePATRU, Plaid. 3, dans RICHELET
En cet emploi on met un É majuscule.
ÉTERNEL, PERPÉTUEL. Éternel se rapporte à la durée infinie prise absolument. Perpétuel se rapporte à l'homme, et admet comme possibles, et même comme probables, les interruptions ou terminaisons auxquelles l'humanité est sujette. Une rente est perpétuelle ; l'abbé de Saint-Pierre rêvait une paix perpétuelle. Au contraire ceux qui croient que le monde ne finira pas, disent qu'il est éternel.
Provenç. et espagn. eternal ; ital. eternale ; du bas-latin æternalis, d'æternus, contracté pour æviternus, de ævum, âge, durée infinie (grec, αἰών), et du suffixe ternus qui s'applique au temps, comme dans hesternus, sempiternus.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander