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portière dans le Littré

3 articles· 10 citations· rimes· traductions· prononciation (4)

1portière s. f. (por-tiè-r')

  1. 1Rideau placé devant une porte pour garantir du vent. Des portières de velours.

    • Dans cette acception, portière est un adjectif qui signifie de porte ; il y a sous-entendu tenture, étoffe.

  2. 2Ouverture d'un carrosse par où l'on monte et l'on descend.

    • L'ouverture du devant [du carrosse] fait un tableau merveilleux [en un voyage] ; celle des portières et des petits côtés nous donne tous les points de vue qu'on peut imaginer Mme de Sévigné, 425
    • Être à la portière, se tenir par honneur à cheval à côté de la portière d'un carrosse.

      • Après ce début, je monte en carrosse, et vous à cheval ; mais loin de vous tenir à la portière comme les autres.... Hamilton, Gramm. 4
      • Quand Mme de Montespan allait seule, elle avait quatre gardes du corps aux portières de son carrosse Voltaire, Louis XIV, 26
    • Être assis à la portière, être à la portière, être assis dans un carrosse contre une portière.

    • L'espèce de porte qui sert à fermer cette ouverture. Abaisser les glaces des portières.

    • Familièrement. Carrosse à trente-six portières, une charrette.

  3. 3Terme d'artillerie. Portière d'embrasure, sorte de masque avec lequel on bouche les embrasures d'une batterie pour protéger les servants contre la mousqueterie. Portière en bois. Portière en cordes.

    • Portière de pont, se dit de l'ensemble de plusieurs bateaux qu'on a réunis à l'avance pour les employer à la construction d'un pont militaire. Construire un pont par portière.

Étymologie

Porte.

2portière adj. f. (por-tiè-r')

  1. 1Qui porte en son sein, en parlant d'une vache, d'une brebis, d'une chèvre.

    • Vache, brebis portière, vache, brebis qui est en âge de porter, ou qui a déjà porté.

  2. 2S. f. Utérus de vache ou de brebis.

    • Je parlai à un boucher pour avoir les portières de toutes les vaches et de toutes les brebis qu'il tuerait Buffon, Hist. anim. VI

Étymologie

Porter.

3portier, ière s. m. et f. (por-tié, tiè-r')

  1. 1Celui, celle qui garde la porte d'une maison.

    • Fig.

      • Bons gouverneurs de province, bons gardiens de la frontière, bons portiers du royaume, tant qu'il vous plaira ; mais bons ministres et bons courtisans, je ne l'accorde pas de la même sorte Guez de Balzac, De la cour, 6e disc.
    • Terme militaire. Portier consigne, portier de l'avancée d'une place forte.

    • Adj. Dans les couvents, le frère portier, la sœur, la mère portière, le frère convers, la religieuse qui a le soin d'ouvrir et de fermer la porte.

  2. 2Portier de comédie, portier qui n'ouvre qu'autant qu'on lui donne quelque gratification.

  3. 3Dans l'histoire juive, portiers du temple, ceux qui, nuit et jour, veillaient sur le temple, sur les trésors et sur les offrandes.

    • Les portiers étaient logés selon le regard des quatre vents, c'est-à-dire à l'orient, à l'occident, au septentrion et au midi Saci, Bible, Paralip. I, IX, 24
    • Dans la primitive Église, nom donné aux derniers des clercs mineurs ; ils étaient préposés à la garde de l'église, afin d'empêcher les païens d'y pénétrer, et de veiller à ce qu'hommes et femmes entrassent chacun par la porte destinée à leur sexe.

  4. 4Portier du paradis, nom donné à saint Pierre, à cause qu'on le représente avec deux clefs à la main.

  5. 5Terme de pêche. Se dit de deux piquets placés à l'entrée de la chambre ou de la tour d'une paradière.

Étymologie

Wallon, poirti, portier, poirtîr, portière ; provenç. portier ; cat. porter ; esp. portero ; ital. portiere ; du lat. portarius, de porta, porte.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander