1prodigué, ée part. passé (pro-di-ghé, ghée)
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Donné en profusion. Des trésors prodigués pour le soulagement des malheureux.
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Fig.
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Donné en profusion. Des trésors prodigués pour le soulagement des malheureux.
Fig.
1Qui fait plus de dépenses qu'il ne faudrait.
Les personnes prodigues vivent comme si elles avaient peu de temps à vivre, et les personnes avares comme si elles ne devaient pas mourirSARRASIN, dans GIRAULT-DUVIVIER
Elle devint avare pour elle-même, afin d'être prodigue pour Jésus-ChristFléchier, Duchesse d'Aiguillon.
Prodigue à.
La marquise de Créqui était la femme la plus prodigue aux pauvres, et la plus avare pour elle-mêmeSaint-Simon, dans LAFAYE, Synon. Prodigue.
Il se dit des choses. Des mains prodigues.
2Enfant prodigue, personnage d'une parabole de l'Évangile, qui demande sa part, la dissipe, puis, misérable, revient dans la maison paternelle, où il est bien reçu.
Fig. Enfant prodigue, jeune homme de famille qui, après des absences et de l'inconduite, regagne la maison paternelle.
Substantivement. Le prodigue, l'enfant prodigue.
Quand on y lit [dans l'Évangile] cet heureux retour du prodigue retrouvé, et ce transport d'un père attendri qui mit en joie toute sa familleBossuet, Mar.-Thér.
3Fig. Prodigue de.... se dit des paroles et de ce qui consiste en paroles. Il est prodigue de louanges, de compliments.
4Fig. En bonne part, qui répand avec libéralité.
Soit que, jeune, on craigne moins la mort par l'instinct de son éloignement, ou qu'à cet âge, riche de jours et prodigue de tout, on prodigue sa vie comme les riches leur fortuneSégur, Hist. de Nap. IX, 2
Être prodigue de son sang, ne pas le ménager.
En mauvaise part.
Être prodigue de soi-même, faire de grands sacrifices pour...
Que, pour sauver l'État, il soit prodigue de soi-même, cet homme du roiGuez de Balzac, Des ministres et du ministère
5Substantivement. Un prodigue, une personne prodigue.
Au sens juridique, le prodigue est celui qui dissipe son patrimoine en dépenses inutiles et folles.
Il peut être défendu aux prodigues de plaider, de transiger, d'emprunter.... sans l'assistance d'un conseil qui leur est nommé par le tribunalCode Nap. art. 513
PRODIGUE, DISSIPATEUR. Le prodigue pèche par rapport à la quantité : il est trop libéral, il ne sait pas se retenir. Le dissipateur pèche par rapport à la manière : il est désordonné, extravagant. Le prodigue dépense trop ; le dissipateur dépense mal ; l'un fait de grandes dépenses, l'autre fait de folles dépenses. Dissipateur ne se dit qu'en mauvaise part ; prodigue, suivant l'application qu'on en fait, ne présente pas ce caractère : on dit, en forme de louange, prodigue de ses soins et de ses services, de sa vie, etc.
Lat. prodigus, de prodigere, mettre en avant, dépenser (voy. PRODIGE).
PRODIGUE. Ajoutez : - REM. Saint-Simon n'est pas le seul qui ait dit prodigue à quelqu'un (voy. PRODIGUE, n° 1). Bien avant lui, Corneille avait employé cette tournure :
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, 1872-1877 · cliquer un vers pour le scander