Les Jeunes Croyances, 1867· II
V. « Voici le frais matin, mais tout sommeille encore »
Voici le frais matin,‖ mais tout sommeille encore ;Les arbres sont rêveurs‖ dans l’immobilité,La nuit trace au fusain‖ des tableaux que l’auroreCouvrira d’un pastel‖ sublime, la clarté !
Les oiseaux ont encor‖ la tête sous leur aile ;L’insecte, dans la fleur,‖ n’ouvre pas ses rideaux,Et l’onde dit un chant‖ si timide et si frêleQu’on croirait qu’elle a peur‖ dans le lit des ruisseaux.
Le silence est partout.‖ L’infini se recueille ;Les pâles visions‖ meurent avec la nuit,Et l’homme sous son toit,‖ la bête sous sa feuille,Éveillés ou dormant,‖ ne font encor nul bruit.
Tout à coup le soleil‖ paraît. L’azur flamboie,Et la terre au grand ciel‖ jette son cri d’amour…Ainsi, quand tu surgis‖ à mes yeux pleins de joie,Délivré de la nuit,‖ je chante un hymne au jour !
La Garde, 20 juin 1866.
Versification
- Forme
- 4 quatrains (quatrains)
- Rimes
- 4(abab)
- Mètre
- Alexandrins· profil 6+6
- Strophes
- 4 quatrains
- Mots à la rime
- a encore / l’aurore féminine, classiqueb l’immobilité / clarté masculine, classiquea aile / frêle féminine, classiqueb rideaux / ruisseaux masculine, classiquea recueille / feuille féminine, classiqueb nuit / bruit masculine, classiquea flamboie / joie féminine, classiqueb d’amour / jour masculine, classique
- Richesse
- extension moyenne des rimes 0.6· écart moyen à la rime classique 0.0
Avec la scansion affichée, chaque voyelle comptée est soulignée et numérotée au survol, les e muets comptés sont en gris, les e non comptés barrés, la césure marquée ‖, la rime soulignée. Les mètres, césures et rimes sont ceux relevés par le Corpus Malherbe, vérifiés par ses auteurs ; cliquer un vers le soumet au scandeur de MotJuste pour comparer.
16 vers· cliquer un vers pour le scander· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après Les Jeunes Croyances, Paris, Alphonse Lemerre Éditeur, 1867· numérisation wikisource.org· Sources