À l’amie perdue, 1896· IV La querelle
VI. « À l’heure poignante où, tout au fond de la plaine »
À l’heure poignante où, tout au fond de la plaine,Sur les étangs d’acier s’abattent des essaimsDe courlis que le soir vers les roseaux ramène,Quand j’ai baissé, pensif, le store aux grands dessins,
La nuit emplit la chambre ; ainsi qu’en ces fusainsOù sur des fonds noircis un peu de rougeur traîne,Les reflets du foyer empourprent les coussinsEt le dossier luisant du vieux fauteuil de chêne.
Je reste à regarder l’arrière-plan confusDes rideaux et des murs, indistinct et noirâtre,Où, sans rien voir, mes yeux errent irrésolus ;
Et mon regard revient toujours au point rougeâtreDessiné dans l’obscur par la lueur de l’âtre,Au vieux fauteuil de chêne où tu ne t’assieds plus.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources