À l’amie perdue, 1896· IX L’acceptation
XIV. « Ah ! chers instants du cœur conservés dans ces vers »
Ah ! chers instants du cœur conservés dans ces vers,Vous que j’ai recueillis, ô corolles séchées,Parce que vous gardez le parfum des bois vertsOù vous avez poussé sous les branches penchées,
Vous êtes quelques fleurs au hasard détachéesParmi des sentiments infinis et divers,Un rameau retiré des profondes jonchéesDe mes délices morts, de mes chagrins soufferts ;
Vous êtes au bonheur dont mon âme fut ivreCe qu’est un bouton d’or emporté dans un livreAux prés où le printemps répand sa floraison ;
Et votre tristesse est à celle que supporteMon cœur triste toujours, ce qu’est la feuille morteAu deuil de la forêt qui remplit l’horizon.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources