À l’amie perdue, 1896· III Dans les monts
XII. « Au pied de sombres pics où croule l’avalanche »
Au pied de sombres pics où croule l’avalanche,Des rochers éboulés parmi de grands prés vertsOù, par filets luisants, un ruisseau clair s’épancheDans les épais gazons par son flot entr’ouverts ;
Et, sur un monticule, une chapelle blancheDont, par endroits, les murs de lichen sont couverts,Dont le petit clocher se disloque et se pencheEt tombera bientôt sous l’effort des hivers ;
Dans un enclos étroit des croix noires pourrissentSur des tertres sans nom et déjà déformésOù des aconits bleus par centaines fleurissent ;
Et, sur ce site mort, des rayons embrumésDont la lueur se traîne, et par instants s’accrocheAu clocher décrépit où ne pend plus de cloche.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources