À l’amie perdue, 1896· III Dans les monts
XI. « Pour notre dernier jour nous allâmes dîner »
Pour notre dernier jour nous allâmes dîner,Tout en suivant le lac, à la petite aubergeDont la terrasse vient, sur son cap, dominerLes flots que font jaser les galets de la berge.
Des tournesols penchants, tout prêts à se faner,S’appuyaient an berceau couvert de vigne viergeQue des filets pourprés commençaient à veiner ;Un lourd soleil rougeâtre et que le soir submerge,
À travers des tilleuls aux fins contours bronzés,Roulait sur le sommet des coteaux opposés,Où des nuages noirs rassemblaient leurs cohortes ;
Tandis que nous parlions d’amour impérissableEn mots que prolongeaient nos soupirs, sur la tableOù nous nous accoudions tombaient des feuilles mortes.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources