À l’amie perdue, 1896· IV La querelle
III. « Ciel étrange, marbré de vert pâle et de noir »
Ciel étrange, marbré de vert pâle et de noir,Dans ton mystérieux et changeant crépusculeTu conviens à mon cœur indécis où l’espoir,Devant le lourd chagrin qui m’envahit, recule.
Entre les longs rideaux silencieux du soir,Tu restes lumineux ainsi qu’un vestibuleOù, quand tout a déjà cessé de se mouvoirLa dernière clarté de la maison circule.
O ciel mélancolique et semblable à mon cœur,Que donnera la nuit à ta prochaine aurore,Est-ce le rayon gris ou le rayon qui dore ?
O cœur mélancolique et tel que la lueurQui prête à ce doux ciel sa grâce soucieuse,Que donnera l’aurore à ta peine anxieuse !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources