À l’amie perdue, 1896· I La floraison
II. « D’où vient, dans cette ville étroite, au ciel obscur »
D’où vient, dans cette ville étroite, au ciel obscur,Qui vit dans ses marais au fond de noires plaines,Cette beauté puissante et digne de l’azurOù passaient les profils augustes des Romaines ?
Elle aurait dû marcher, d’un pas tranquille et sûr,Sous la robe aux plis droits, le front ceint de verveines,Dans les cortèges blancs déroulés sur le murD’un temple couronné de déesses sereines.
Quel flot inexplicable et quels hasards de racesOnt porté, à travers les temps et les espaces,Chez ces peuples aux corps chétifs, aux pâles faces,
Cette fleur de sang pur et ce corps magnifique,Et mis dans ces cités de mortier et de briqueCe marbre détaché d’un bas-relief antique ?
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources