À l’amie perdue, 1896· VI Devant les vagues grises
XI. « Dans le jour affaibli des grises cathédrales »
Dans le jour affaibli des grises cathédrales,Quand l’ombre sort des murs et s’étend sur les dalles,En effaçant les noms des morts couchés sous elles,Tandis que la clarté, fuyant au fond des ailes,
Monte vers les vitraux où des initiales,Dans leur enlacement de lettres nuptiales,S’allument tout à coup parmi les branches grêlesDe rosiers transparents tout fleuris d’étincelles,
Que de fois nous avons, assis près d’un pilier,Sans parler, dans ce grand silence hospitalier,Mieux senti notre exil sous ces derniers rayons.
Puis il fallait gagner, par quelque morne rue,Aux volets déjà clos, d’une ville déchue,La station obscure où nous nous séparions.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources