À l’amie perdue, 1896· VI Devant les vagues grises
X. « Lorsqu’après de longs mois qui nous ont séparés »
Lorsqu’après de longs mois qui nous ont séparés,Nous sommes réunis pour quelques heures brèves,Soit dans les bois déserts par l’automne empourprés,Ou sur le triste bord abandonné des grèves,
Tu veux, dans ces instants longuement espérés,Et dans ces fleurs du Temps qui sont de courtes trêvesSur la fuite des jours par l’exil dévorés,Tu veux, dans ces instants qu’ont tant rêvés nos rêves,
Que je dise ma vie et que je te raconteQuel espoir me soutient, quel effort je surmonte,Quel travail ont repris mes soirs laborieux.
Que m’importe ma vie et ses morceaux brisés ?Que veux-tu que je voie en dehors de tes yeux,Quels mots veux-tu que j’aie autres que des baisers ?
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources