À l’amie perdue, 1896· VIII Le deuil
XXI. « Dans quels calmes regrets ton esprit résigné »
Dans quels calmes regrets ton esprit résignéErre-t-il, y portant une tristesse auguste ;Ou, frémissant de haine envers le sort injuste,De quels âpres regrets ressort-il indigné ?
De quels secrets efforts, sans cesse triomphantsEt sans cesse repris, nourris-tu ton supplice ?Et dans quels longs baisers aux fronts de tes enfantsCrois-tu pouvoir trouver le prix du sacrifice ?
Ah ! peut-être au moment où ta lèvre les touche,Exécrable penser dont mon cœur s’effarouchePlus que de tes sanglots les plus désespérés,
Peut-être le baiser s’arrête sur ta bouche,Et trouve une amertume à ces fronts adorés,À ces fronts innocents qui nous ont séparés !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources