À l’amie perdue, 1896· VI Devant les vagues grises
XV. « Des nuages pesants glissent sur le ciel gris »
Des nuages pesants glissent sur le ciel gris,Et des plaques d’étain luisent sur la mer grise,Qui s’éteignent soudain à nos regards surpris,Ou se brisent eu traits que la houle divise ;
Jusqu’aux deux caps brumeux tout l’horizon est pris ;Parfois une lueur incertaine agoniseSur un pan de falaise ; on dirait des débrisDe clarté que le choc des brumes pulvérise ;
Un rayon de soleil blafard et fugitifSur un cap éloigné frappe des dunes pâlesOù luit le rouge toit d’une maison perdue,
Brève apparition tremblante, confondueDans les mornes brouillards roulés par les rafales,Et changée aussitôt en un rêve pensif.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources