À l’amie perdue, 1896· I La floraison
XLIV. « Et l’amant, s’en allant près de sa bien-aimée »
Et l’amant, s’en allant près de sa bien-aimée,Qui rêvait sur un banc d’où l’on voyait la merÉtincelante et calme et de vaisseaux semée,Lui parla de sa peine et de son doute amer ;
Puis il dit que son âme avait été calméePar l’étoile, et qu’un jour un rayon d’or plus clairViendrait aux amoureux à travers la ramée,Tant contre l’avenir son amour était fier.
Mais elle, regardant l’étendue azurée,Soupira doucement : « Quelque longue duréeDont cet immense amour veuille être mesuré.
Je connais un serment plus puissant et plus vrai,Dont ma crainte de cœur serait plus rassurée :Promets-moi de m’aimer tant que je t’aimerai. »
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources