À l’amie perdue, 1896· I La floraison
XLIII. « Et l’étoile lui dit : « Lorsque les cœurs humains »
Et l’étoile lui dit : « Lorsque les cœurs humainsQui surent bien aimer retombent en poussière,La Mort ne les tient pas tout entiers dans ses mains,Et quelque chose a fui son étreinte grossière ;
Pour avoir défié d’infinis lendemains,Les amours éternels mis dans l’homme éphémèrePrennent loin d’ici-bas d’invisibles chemins,Et sont récompensés de leur bravoure altière.
Ils deviennent un son dans les vastes concertsEt dans la symphonie éternelle des globesQui mènent dans l’éther les clartés de leurs robes ;
Ou bien un des rayons par qui vivent les airs.C’est pourquoi, dans les nuits de printemps, les étoilesSemblent des cœurs émus qui battent sous des voiles. »
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources