À l’amie perdue, 1896· VIII Le deuil
IX. « Éternelle nature aux aspects infinis »
Éternelle nature aux aspects infinis,Nos cœurs trouvent un miel fait de lis ou d’absintheDans les spectacles doux ou tragiques, fournisPar ton mélange obscur d’allégresse et de plainte !
Où sont les jours heureux où, dans ta vaste enceinte,Je n’entendais partout que la chanson des nids ?Une incommensurable et divine hyacintheFleurissait dans les cieux sans cesse rajeunis ;
Partout où se posaient mes yeux, j’apercevaisDes rayons plus légers que ceux que je rêvaisSe jouer dans la brise en remuant des roses ;
Les êtres bondissaient dans la force et la joie ;Je voyais seulement les fils d’or et de soieDans la trame profonde et diverse des choses.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources