À l’amie perdue, 1896· V Les rêveries
XI. « Frêle et pudique sœur des vierges au corps pur »
Frêle et pudique sœur des vierges au corps purQui s’isolent sur une immortelle métope,Ou dont le groupe blanc marche et se développeSur la frise d’un temple environné d’azur,
Toi que l’amour encor de ta mère enveloppe,Et qui t’en vas, le cœur ravi, vers le futur,Vierge, tu n’entends pas le Centaure âpre et durQui vers ton innocence et tes rêves galope.
Et cependant, ce soir, meurtrie entre ses bras,Tu te tordras en vain d’une horreur convulsive,Vers son antre odieux, demain, tu le suivras,
Et là, tu resteras à jamais sa captive ;Car l’Hercule n’est plus qui perçait de ses traitsCes brutaux ravisseurs fuyant vers leurs forêts.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources