À l’amie perdue, 1896· V Les rêveries
XII. « Ô dur déchirement quand l’amour maternel »
Ô dur déchirement quand l’amour maternelNe naît point simplement de l’amour de la femme :Il faut fermer son cœur ou diviser son âme,Et souffrir d’un partage ou d’un refus cruel !
Bienheureuse trois fois en sa féconditéLa femme qui conçoit de l’homme qu’elle adore,Et qui sent librement de sa tendresse écloreL’harmonieuse fleur de sa maternité !
Pour celle-là, la vie a crû droite en sa sève,Le même sentiment se complète et s’achèveDe l’attrait des désirs à la gloire des fruits,
Le même amour grandit dans l’enfant qui s’élève,Ses angoisses même ont la douceur de son rêve,Et la fierté des jours sort du bonheur des nuits.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources