À l’amie perdue, 1896· II Au bord des flots bleus
VIII. « Le vieux jardin désert, rempli d’un bruit d’eaux vives »
Le vieux jardin désert, rempli d’un bruit d’eaux vivesSous son dôme où pendaient des ors était jonchéDe figues, de limons, d’oranges et d’olives ;À chaque, instant un fruit des branches détaché
Tombait ; ainsi qu’un feu sorti des rameaux verts,Dans leur feuillage obscur flamboyaient les grenades ;Contre les grands murs roux, de brèches entr’ouverts,Des vignes essayaient de folles escalades
Que retardait le poids de grappes d’un bleu sombre,Lourdes et se pressant ensemble en si grand nombreQu’on eût dit un rideau formé de raisin mûr ;
Dans tous les creux des blocs sur le faîte du mur,Dressés vers le soleil et par dessus toute ombre.,Des glaives d’aloës reluisaient dans l’azur.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources