À l’amie perdue, 1896· II Au bord des flots bleus
IX. « Sur la terrasse, à l’ombre obscure des platanes »
Sur la terrasse, à l’ombre obscure des platanes,D’une vasque en porphyre un jet d’eau de cristalJaillissait, couronné d’arcs-en-ciel diaphanesQui semblaient sa pensée et son rêve idéal.
De longs filets d’argent, retombant en lianesLégères tout autour de son jet triomphal,Voilaient l’azur lointain des collines toscanes,Qui tremblaient en suivant son rythme musical.
C’était comme un bosquet de fraîcheur lumineuseOù ne pénétrait point la riche odeur de fièvreQue tant de fruits épars mêlaient à la chaleur.
Et nous vîmes briller, sous l’abri d’une yeuse,Un banc de marbre blanc porté de pieds de chèvre,Au dossier dominé par un masque rieur.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources