À l’amie perdue, 1896· I La floraison
XXXII. « Oui ! la Pitié vers toi m’a conduit ! Nous marchâmes »
Oui ! la Pitié vers toi m’a conduit ! Nous marchâmesDans la nuit où tremblait une lueur cendréeDe la poudre d’argent des astres saupoudrée,Dans la nuit où traînaient des parfums de dictames.
Et le temps me parut très court. Lorsque des lamesDe nacre et de cristal brillèrent à l’oréeDu ciel, puis la lueur de rose colorée,La Pitié me fit signe et nous nous arrêtâmes.
Je te vis devant moi dans un chaste décorDe grands lis ; des rosiers verdissaient alentour ;Et quand, me détournant, je voulus voir encor
La Pitié, j’aperçus à sa place l’Amour.Et voilà que les cieux étaient ruisselants d’or,Et que c’était partout le triomphe du jour !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources