À l’amie perdue, 1896· I La floraison
XXXI. « Oui ! la Pitié vers toi m’a conduit ! Je la vis »
Oui ! la Pitié vers toi m’a conduit ! Je la vis,Près des vieux marronniers, lorsque le crépusculeEntre les troncs noircis ainsi qu’un brasier, brûle,Sous des nuages d’or par le vent poursuivis.
Doucement lumineuse au haut d’un monticuleAux flancs par des iris innombrables gravis,Elle fit de la main un geste, et je suivisLes plis de son manteau couleur de libellule.
À travers des sentiers bordés d’églantier tristeDont les pétales blancs s’effeuillaient, sous des cieuxOù dormait maintenant une sombre améthyste,
Par les bords de marais pâles et soucieuxOù le dernier reflet du soir mourant persiste,Je marchai, poursuivant ses pas mystérieux.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources