À l’amie perdue, 1896· I La floraison
V. « Quand la Grande-Ourse monte au-dessus du vieux toit »
Quand la Grande-Ourse monte au-dessus du vieux toitDu jardin sombre, et quand, sur la ville déserte.On entend jusqu’au bout les heures du beffroi,Heureux, je viens m’asseoir à la fenêtre ouverte ;
C’est l’heure réservée où je vis avec toi ;L’éclat bruyant du jour égare et déconcerteL’effort de mes yeux clos pour te revoir en moi ;Par la pudique nuit ta face m’est offerte.
Incertaine et lointaine en de bleuâtres voilesAux plis mystérieux diamantés d’étoiles,Mais telle cependant qu’il paraît en descendre.
Dans un rayon d’argent, un regard calme et tendre.Souvent un rossignol chante. Et j’attends ainsiQue ta présence expire en un ciel éclairci.
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources