À l’amie perdue, 1896· I La floraison
VI. « Ô toi dont le visage à la grave beauté »
Ô toi dont le visage à la grave beauté.Au regard sérieux, au front vaste et tranquille,Par des Grecs consacrant un temple dans leur villeEût été dans le marbre ou l’ivoire sculpté,
Je viens vers toi, marin par les flots maltraitéEt qui gravit enfin les marches du prostyle ;Accueille-moi. fais-moi de ton ombre un asyleDe lumineuse paix et de sérénité !
Toi dont le haut esprit sur les sommets s’isole,Des choses dédaigneux, de l’amour seul jaloux.Sois la calme raison qui guide la parole,
Qui soumet les désirs, qui fléchit les courroux,Sois pour moi la déesse aux yeux sages et doux,La Minerve aux yeux bleus qui conseille et console !
14 vers· texte et analyse du Corpus Malherbe (Richard Renault, CRISCO, Université de Caen Normandie), licence CC BY-NC-SA 4.0· d'après À l’amie perdue, Paris, Librairie Hachette et Cie, Paris, 1920· numérisation wikisource.org· Sources